Turquie - La mouvance islamiste baisse pavillon
Mots clés : Abdullah Gül, présidence, laïcité, Turquie (pays)
Abdullah Gül retire sa candidature à la présidence

Photo: Agence Reuters
Le chef de la diplomatie faisait référence à la proposition d'amendement constitutionnel approuvée tard samedi soir par une commission parlementaire. Ce projet propose de modifier la Constitution turque pour instaurer l'élection du président de la République au suffrage universel direct. On ignore pour l'instant si ce texte sera soumis au Parlement avant ou après les élections législatives anticipées.
Hier, M. Gül n'a pas dit s'il maintiendrait sa candidature en cas d'élection présidentielle au suffrage universel direct. «Nous parlerons de cela en temps venu», a-t-il déclaré. Toutefois, dans une interview accordée vendredi au quotidien britannique Financial Times, Abdullah Gül indiquait qu'il pourrait être à nouveau le candidat de l'AKP dans cette hypothèse et estimait avoir le soutien de 70 % de la population.
Si une telle réforme était adoptée à temps, les législatives et la présidentielle pourraient avoir lieu le même jour, selon des députés de l'AKP. Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan, membre lui aussi de l'AKP et favorable à la candidature de M. Gül à la tête de l'État, s'est prononcé lui aussi en faveur de cette réforme constitutionnelle et a appelé l'opposition à la soutenir. Parmi les autres amendements constitutionnels adoptés samedi soir en commission parlementaire figurent la réduction de la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans, la possibilité pour un président de briguer un second mandat et la réduction de la durée de la législature de cinq à quatre ans.
Hier, lors du deuxième tour de scrutin, le quorum de 367 parlementaires -- soit la majorité des deux tiers -- nécessaire pour valider l'élection n'a toujours pas été atteint, l'opposition ayant boycotté le vote.
Un premier scrutin avait été invalidé la semaine précédente par la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction de la Turquie, déjà faute de quorum, en raison du boycottage de l'opposition qui exigeait le retrait d'Abdullah Gül.
M. Gül était le seul candidat en lice, mais la désignation de ce proche du premier ministre Recep Tayyip Erdogan par l'AKP a plongé la Turquie dans la crise politique, le camp laïc soupçonnant l'AKP de vouloir revenir sur la séparation de la religion et de l'État, principe fondateur de ce pays à 99 % musulman.
L'opposition du camp laïque, soutenu par l'armée et porté par des manifestations géantes à Ankara et Istanbul, a conduit M. Erdogan à convoquer des élections législatives anticipées, le 22 juillet prochain. Samedi encore, plus de 10 000 personnes ont manifesté à Canakkale et Manisa, deux villes proches de la mer Égée. Ces défilés faisaient suite aux manifestations géantes qui ont rassemblé au total plus d'un million de personnes à Ankara et à Istanbul respectivement les 15 et 29 avril. Une prochaine manifestation est prévue le 13 mai à Izmir, troisième ville du pays, sur la mer Égée.

