La bande de Gaza renoue avec la violence
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Gaza, bande de Gaza -- Des militants palestiniens, apparemment des islamistes, ont fait exploser une bombe près d'une école élémentaire dirigée par les Nations unies hier à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, alors qu'une fête se déroulait dans l'établissement.
Alors que le nouveau gouvernement d'union palestinien, formé en mars pour mettre fin à des mois d'affrontements meurtriers entre les deux camps, semble incapable de mettre fin aux luttes de clans, enlèvements et attentats d'extrémistes musulmans, le président modéré Mahmoud Abbas, du Fatah, s'est entretenu dans la soirée avec le premier ministre Ismaïl Haniyeh, du Fatah islamiste.
Ils ont essayé à nouveau de surmonter les rivalités entre partenaires de coalition et de s'entendre sur le plan de sécurité du ministère de l'Intérieur Hani Kawasmeh. La réunion ayant échoué, une autre est prévue pour aujourd'hui, selon le porte-parole du gouvernement, Ghazi Hamad.
Selon des statistiques de l'organisation palestinienne de défense des droits de l'homme Al-Mezan, au premier trimestre 2007, 147 habitants de la bande de Gaza, dont 10 enfants, ont été tués par des Palestiniens, contre 587 en 2004, 101 en 2005 et 252 en 2006. Si cela ne cesse pas, le petit territoire pourrait devenir ingouvernable, prévient Ibrahim Ibrach, politologue à l'université Al-Azhar de Gaza. «L'effondrement de l'Autorité palestinienne [...] est en jeu».
En ce qui concerne l'attaque de l'école, des extrémistes musulmans avaient un peu plus tôt protesté devant l'établissement scolaire, mettant en garde les autorités contre la tenue de la manifestation jugée contraire à l'usage musulman. Ils ont aussi essayé d'entrer dans l'école, a déclaré Majed Abou Shamaleh, le dirigeant du Fatah dont le garde a été tué. Il quittait les lieux après la fête lorsque la fusillade a éclaté.
Des officiers de la sécurité palestiniens ont commencé à tirer en l'air pour tenir à distance des militants portant barbe et longue tunique blanche, puis un engin explosif a éclaté, ainsi que d'autres coups de feu. Sept personnes ont été blessées, par des éclats de bombe pour la plupart, selon des responsables médicaux.
La veille, des militants avaient publié un communiqué accusant l'ONU de «détourner le peuple de l'islam» et de «transformer les écoles en boîtes de nuit», a déclaré M. Abou Shamaleh à la radio locale de Gaza. Ils ont désigné John Ging, le directeur de l'agence onusienne d'aide aux réfugiés de Palestine (UNWRA) à Gaza, d'être «le meneur» de ce mouvement. Il se trouvait dans l'école au moment de l'incident, mais n'a pas été blessé, a précisé l'ONU. En mars, M. Ging avait échappé à une tentative d'enlèvement, ce qui avait conduit l'ONU à renforcer la sécurité.
M. Abou Shamaleh a ajouté que la fusillade semblait être l'oeuvre des mêmes activistes que pour la série d'attentats ayant visé des cybercafés et des billards dans la bande de Gaza.
Le Fatah et le Hamas ont formé en mars un gouvernement de coalition afin de mettre fin à des mois de lutte meurtrière entre les deux camps, mais la bande de Gaza a continué d'être le théâtre de violences claniques et d'islamistes radicaux.
La veille, les dirigeants palestiniens du Hamas et du Fatah avaient rejeté le calendrier proposé par Washington pour la mise en oeuvre de mesures censées faciliter la reprise des négociations de paix israélo-palestiniennes. «Nous rejetons le plan américain et nous ferons en sorte qu'il échoue par tous les moyens», a déclaré Faouzi Baroum, porte-parole du Hamas à Gaza, en écho aux propos tenus à ce sujet par le chef en exil du mouvement islamiste, Khaled Méchaal.

