Du cirque et encore du cirque
Mots clés : spectacle, Kooza, Cirque du Soleil, Art, Culture, Québec (province)
Kooza permet au Cirque du Soleil de renouer avec ses excellentes racines

Photo: Jacques Grenier
En avant comme avant, donc, pour cette vingtième production solaire. Le retour du refoulé, quoi, pour cette compagnie fondatrice du nouveau cirque. Le spectacle de deux heures et demie (avec entracte) distille les exploits hallucinants jusqu'à plus soif et on peut franchement y voir certains des numéros les plus époustouflants de mémoire circacienne. À la dernière générale devant public, mercredi soir (préférée à la première en raison des heures de tombée), les spectateurs ont accordé des ovations amplement méritées à quatre points d'orgue: le fil de fer, la roue de la mort, l'équilibre sur chaise et la planche sautoir.
Le numéro des funambules se termine avec le quatuor de gaillards à vélo. La roue de la mort donne plus de frissons qu'un manège de La Ronde. Zhang Gongli se tient en équilibre sur une main au sommet d'une flèche de huit chaises elle-même perchée sur un promontoire, sorte de tour Eiffel de bois. À la finale, une bande d'acrobates russes complètement déjantés lance des projectiles humains montés sur des échasses. Tout ça sans filet, sans filin de vie, en défi constant envers les forces létales menaçantes.
Et le reste n'est pas en reste. Le beau duo avec unicycle mélange la force et la tendresse, donne l'impression d'un centaure emportant sa captive ou d'un hommage aux écuyères de la piste traditionnelle. Le jongleur Anthony Gatto n'en rate pas une en s'activant comme une pieuvre avec des balles, des quilles et des anneaux. Les clowns font bien leur boulot puisque la salle rigole.
Certaines autres performances demanderont quelques ajustements. Le trapèze solo s'avère trop court. Le pickpocket est un peu perdu avec son cobaye involontaire sur la grande piste. Les costumes des excellentes contorsionnistes leur donnent un air d'évadées du Centre des sciences tout proche, qui expose des corps écorchés en ce moment.
C'est un petit défaut de l'enrobage par ailleurs sobre et équilibré de ce spectacle. La scénographie, comme la musique ou le reste des costumes, réussit très bien à mettre en valeur les numéros de Kooza. Même le mince fil rouge narratif, tricoté mollement autour d'un solitaire naïf entraîné par un trickster, finit par s'effacer devant cette imposante construction spectaculaire en équilibre entre la force et la fragilité, la peur et le courage, la vie et la mort.
Résumons. Kooza est un très bon spectacle de cirque, de cirque et de cirque. Il s'avère déjà bien mieux rodé que ne l'était Corteo à son départ, tout de même beaucoup plus audacieux du point de vue des propositions esthétiques. Mais bon, après Montréal, la tournée de plusieurs années devrait permettre d'atteindre la perfection recherchée et attendue de la plus importante compagnie de productions pour la scène du monde.
Vos réactions
Note discordante - par Rino St-Amand
Le vendredi 04 mai 2007 10:00

