Bataille judiciaire entre l'héritière Goudstikker et un musée californien
Mots clés : Norton Simon Museum de Pasadena, Jacques Goudstikker, Culture, Justice, États-Unis (pays)
New York -- Deux toiles du XVIe siècle représentant Adam et Ève se retrouvent au coeur d'une bataille judiciaire entre le Norton Simon Museum de Pasadena, en Californie, et l'héritière du marchand d'art juif Jacques Goudstikker spolié pendant la Deuxième Guerre mondiale.
«Les Cranach, célèbres dans le monde entier, comptaient parmi les oeuvres les plus importantes de la collection Goudstikker, qui contenait plus de 1300 pièces et fut pillée par les nazis après leur invasion des Pays-Bas en 1940», relève dans un communiqué Lawrence Kaye, l'avocat new-yorkais de Marei von Saher, unique héritière de M. Goudstikker et citoyenne américaine vivant dans le Connecticut.
Le musée explique pour sa part avoir acheté ces tableaux dans les années 70 aux héritiers d'une famille d'aristocrates russes, qui fut privée de ces toiles par les bolcheviques avant d'en reprendre possession dans les années 60.
Mme von Saher conteste cette version, ses avocats relevant qu'il n'existe pas de preuve que ces pièces aient appartenu à la famille Stroganoff.
Engagée dans une vaste bataille pour récupérer les oeuvres de son beau-père, Mme von Saher a, après dix ans de procédures, obtenu de La Haye en 2006 la restitution de 202 toiles. Une trentaine d'autres pièces ont aussi été rendues volontairement par des musées et des particuliers, en Autriche, en Allemagne, en Israël ou aux États-Unis, indique son conseil.

