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Il faut casser le monopole public de la médecine
Or l'admission aux stages est contrôlée par ces intervenants, qui sélectionnent les étudiants sur leur "profil", exercice aussi subjectif que peu transparent; ces candidats qui ont pourtant démontré les compétences nécéssaires pour passer leurs examens avec succès n'auraient pas été jugés "dignes" par les mandarins. L'argument selon lequel plusieurs de ces candidats étrangers ont fait des demandes répétées ne tient pas debout: dans une logique d'admissions contingentées, des refus répétés sont normaux s'il n'y avait pas de place pour eux lors de la présentation de ces demandes antérieures.
L'explication officieuse est plus crédible: le recrutement dans les facs de médecine est en hausse; il faut donc garder ouvertes les places en résidence pour ces futurs praticiens "ben de cheu nous"(dans 10 ans?); pendant ce temps les patients n'ont qu'à se l'allonger; avantage subsidiaire: en maintenant la pression sur l'offre de soins, les facultés contribuent à protéger les conditions salariales de la corporation, qui de son côté peut se laver les mains de toute responsabilité pisque "c'est la faculté, tsé!". La valeur actualisée des futurs revenus des étudiants est ainsi maximisée, maintenant le pouvoir d'attraction du diplôme. L'éducation supérieure, c'est aussi un business.
Les déclarations du Dr. Lamontagne, "boss" du Collège des médecins du Québec", laissent clairement voir le jupon qui dépasse: "« Il faut qu'ils [les médecins étrangers] soient aussi compétents que ce qu'on demande à nos enfants qui sont dans nos facultés de médecine », a indiqué le Dr Lamontagne". Peut-on vraiment en vouloir à un être humain d'avoir une légère préférence pour "ses enfants", en effet? Ce n'est pas de la xénophobie mon bon monsieur, c'est juste de l'esprit de famille.
Cette position défensive est évidemment inacceptable pour les patients, et à courte vue pour les praticiens: personne ne conteste la difficulté de leurs conditions de travail, mais il est tout aussi clair qu'elle résulte principalement du rationnement délibéré de l'offre de soins. Cependant, avec sa diligence habituelle, le gouvernement Charest va nous rendormir tout ça pour les 30 prochaines années. Au royaume-Ubu du Kébékistan, rien ne change, rien n'a changé, et rien ne changera jamais: ce qu'on dit est plus important que ce que l'on fait.
La seule façon de résoudre cette impasse, conséquence prévisible d'une situation de monopole corporatiste, est la mise en place d'un système de santé mixte public-privé réglementé, permettant aux deux secteurs de se concurrencer l'un l'autre en saine gouvernance, comme dans la plupart des sociétés modernes. Ça a fonctionné ailleurs, ça fonctionnera ici, et il faudra y venir un jour ou l'autre... mais combien de morts inutiles d'ici là?
