France - Le Centre Pompidou consacre une rétrospective au cinéaste Atom Egoyan

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Édition du jeudi 03 mai 2007

Mots clés : Atom Egoyan, Centre Pompidou, Art, Culture, France (pays)

Atom Egoyan

Photo: Jacques Grenier

Paris -- Depuis l'an 2000, Paris a célébré à deux reprises David Cronenberg, le plus culte des cinéastes canadiens, mais jamais Atom Egoyan, que tous les cinéphiles français connaissent quand ils ne le vénèrent pas tout simplement.

Le plus grand musée d'art contemporain de Paris, le Centre Pompidou, corrige cette lacune en présentant depuis hier soir la première rétrospective de l'oeuvre du cinéaste torontois, né en Égypte en 1960 d'une famille arménienne.

Cette intégrale, qui se poursuivra jusqu'au 4 juin, retracera le cheminement d'Egoyan à travers ses 11 longs métrages, ses courts métrages, ses films expérimentaux et ses réalisations pour la télévision, soit une trentaine de titres au total.

Cette rétrospective s'ouvrira ce soir avec la projection d'un film inédit, Citadel, sorte de carnet de voyage dans lequel Egoyan, caméra numérique au poing, a tourné le retour à Beyrouth de sa compagne et actrice fétiche, Arsinée Khanjian. Elle avait quitté le Liban pendant la guerre civile et n'y avait pas remis les pieds depuis 28 ans.

«J'ai imaginé une lettre à mon fils, Arshile, qu'il pourra voir dans dix ans, a dit l'auteur d'Exotica au quotidien Le Figaro. En voix off, je lui explique l'histoire de ses parents. Il y a une vraie construction dramatique même s'il s'agit d'un journal.»

Présentée comme un des temps forts de l'année de l'Arménie en France, la rétrospective Egoyan est un événement de taille en soi, qui aura droit à une large couverture de presse.

Cet engouement n'est pas soudain: un peu comme elle l'a fait pour la littérature, la critique française s'est rapidement intéressée à la production canadienne-anglaise, souvent méconnue au Québec.

Exemple de cet intérêt: hier, le quotidien Libération consacrait une pleine page non pas à Egoyan mais à Guy Maddin, «l'agité de Winnipeg», à la faveur de la sortie en DVD de ses films Et les lâches s'agenouillent et The Saddest Music In The World.

Atom Egoyan, lui, a été remarqué en France dès 1985 avec son premier long métrage, Next Of Kin. Depuis lors, il est devenu un habitué du Festival de Cannes. Caméra d'or en 1989 et en 1991 pour Speaking Parts et The Adjuster, il a été en compétition officielle en 1994, 1997 et 1999 avec Exotica, De beaux lendemains (The Sweet Hereafter) et Le Voyage de Felicia (Felicia's Journey). Ararat y avait aussi été présenté, mais hors compétition, en 2002.

Depuis ses débuts, Atom Egoyan, cinéaste autodidacte qui revendique l'influence de Rivette et de Bresson, n'a cessé de s'interroger sur l'identité, le deuil, la mémoire et le pouvoir de l'image. Il poursuivra cette exploration dans son prochain film, intitulé Adoration, qu'il tournera l'été prochain.

«Ce film parle d'adolescents qui communiquent par Internet en se créant de fausses identités, a précisé Atom Egoyan au Figaro. Ce drame explore ce territoire qui est devenu complètement naturel pour cette nouvelle génération. Mais finalement, la vraie question est celle-ci: jusqu'à quand regarderons-nous des visages humains projetés sur grand écran?»


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