Human Rights Watch fustige Wal-Mart

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François Desjardins
Édition du mercredi 02 mai 2007

Mots clés : Jonquière, Wal-Mart, Human Rights Watch, Droit de la personne, Syndicalisme, Saguenay-Lac-Saint-Jean (région), États-Unis (pays)

Le cas de Jonquière a fortement nui aux efforts de syndicalisation aux États-Unis

Le rapport sur la relation orageuse entre Wal-Mart et les syndicats publié hier par Human Rights Watch revient étonnamment sur la fermeture du magasin de Jonquière, lui attribuant une influence négative sur les efforts de syndicalisation aux États-Unis.

Dans son document de 216 pages, une charge à fond de train qui reproche à Wal-Mart de «bafouer le droit des travailleurs américains à la liberté syndicale», l'organisme international estime que l'épisode de Jonquière a eu pour effet de tuer dans l'oeuf tout désir de syndicalisation que pouvaient éprouver des employés de la chaîne aux États-Unis.

Deux mois après la syndicalisation du Wal-Mart de Jonquière, en août 2004, la direction a diffusé un communiqué dans lequel elle dit s'inquiéter pour la performance du magasin. Après quelques mois de négociation, au début du mois de février 2005, le syndicat des TUAC (FTQ) a demandé au ministère du Travail de nommer un arbitre. Une semaine plus tard, Québec a accepté. Le jour même, Wal-Mart a annoncé que le magasin fermerait ses portes, prétextant des motifs financiers.

La disparition du magasin, événement qui a défrayé la manchette tant en Europe qu'en Asie, a été ressentie durement au sud de la frontière, selon HRW. «Plusieurs employés de Wal-Mart avec lesquels HRW a discuté aux États-Unis étaient au courant de la fermeture du magasin de Jonquière et croyaient que la compagnie avait procédé ainsi parce que les travailleurs s'étaient syndiqués», a écrit HRW.

Cette perception «largement répandue», a-t-il ajouté en citant plusieurs employés, montre à quel point la compagnie a réussi à créer un climat antisyndical. «Les interprétations des travailleurs par rapport à ce qui s'est déroulé à Jonquière ont encore plus contrecarré les efforts de syndicalisation aux États-Unis», a-t-il écrit.

À titre d'exemple, l'organisme cite une employée du magasin d'Aiken, en Caroline du Sud. Une tentative de syndicalisation a échoué en 2001. Pourquoi ne pas avoir réessayé? «Je pense que tout le monde a peur, et avec le syndicat de Jonquière et la fermeture là-bas, ça n'a pas aidé», peut-on lire dans le document.

Le rapport de HRW se penche sur un projet de loi présentement devant le Congrès américain, qui veut obliger les employeurs à reconnaître la création d'un syndicat lorsque les employés procèdent par signature de cartes plutôt que par un vote secret. Il recommande aussi la «création d'une commission nationale sur Wal-Mart».

Il a été impossible hier d'obtenir les commentaires de Wal-Mart Canada. Le porte-parole américain, David Tovar, a cependant affirmé auprès des grands médias que l'absence de syndicats dans les magasins témoigne tout simplement des efforts déployés pour faire en sorte que le milieu de travail réponde aux attentes des employés.

Wal-Mart «respecte le droit des travailleurs à un vote libre et équitable sur leur syndicalisation», a dit M. Tovar. Cette affirmation est conforme à celle qu'ont déjà faite les dirigeants de Wal-Mart Canada. Ce que la compagnie n'aime pas, c'est la loi québécoise qui permet à un syndicat de faire accréditer des employés en leur faisant signer des cartes d'adhésion.

Le porte-parole de Wal-Mart a déclaré aux médias américains que le document de HRW est «prosyndicat» et utilise des entrevues incomplètes et des allégations sans substance pour appuyer un projet de loi qui «élimine le droit des travailleurs à un vote secret».

Qu'est-ce que HRW?

Fondé en 1978, HRW se définit comme étant «la plus importante des organisations de défense des droits humains basée aux États-Unis». L'autre grand groupe mondial, Amnesty International, est basé à Londres. HRW se prononce régulièrement sur des sujets comme les droits des enfants et des réfugiés, la torture, la corruption et le trafic d'humains.

Pour son étude, HRW a dit avoir rencontré, de 2004 à 2007, 41 anciens et actuels employés de Wal-Mart, de même que des responsables de magasins, des avocats spécialisés en droit du travail et des journalistes. Elle affirme que Wal-Mart n'a offert qu'une collaboration minimale.

Le rapport, qui écorche au passage la «faiblesse du droit du travail américain», fait l'inventaire des conditions de travail chez Wal-Mart. Or HRW allègue l'existence de plusieurs méthodes visant à contrer les efforts de syndicalistion dans ses succursales. Celles-ci vont de l'endoctrination à l'intimidation et à l'envoi de spécialistes en ressources humaines lorsqu'une tentative s'organise. Parmi les exemples figure aussi la marche à suivre lorsqu'un syndicat semble vouloir s'installer.

«Les directeurs de magasins doivent appeler le numéro d'urgence de Wal-Mart pour les problèmes syndicaux lorsque les employés ignorent les mises en garde de l'entreprise et essaient de se constituer en syndicat, a écrit HRW. Par le biais de ce numéro d'urgence, les directeurs signalent l'activité syndicale au siège de l'entreprise et ils reçoivent des conseils de la part d'avocats et de spécialistes des relations de travail sur la façon de faire échouer les tentatives de syndicalisation.» Chacun de ces appels, selon le groupe, est compilé dans une base de données baptisée «Remedy System», ou «Méthode thérapeutique».

Si l'épisode de Jonquière remonte déjà à 2005, le Québec n'a pas fini d'entendre parler des syndicats chez Wal-Mart. Avant sa fermeture, un autre magasin s'est syndiqué: celui de Saint-Hyacinthe. Il s'agit de la seule succursale syndiquée en Amérique du Nord. Les responsables syndicaux et la direction, qui se sont entendus sur plusieurs points d'une éventuelle convention, se trouvent devant un arbitre qui pourrait imposer un contrat de travail comme bon lui semble.

La direction de Wal-Mart Canada n'a pas l'habitude de commenter les négociations à Saint-Hyacinthe. Le syndicat des TUAC (FTQ) tente de faire la preuve que les employés du magasin méritent des salaires comparables à ceux que l'on retrouve dans les magasins Maxi et Cie. Les parties se sont vues devant l'arbitre à quelques reprises depuis l'automne et les réunions doivent se poursuivre jusqu'en juin.

Wal-Mart est la plus grosse compagnie du monde, comptant 1,3 million d'employés aux États-Unis et ayant un chiffre d'affaires mondial de 350 milliards $US. Cette somme est équivalente au produit intérieur brut de la Suède et dépasse celui de l'Arabie saoudite. Au Canada, la chaîne compte près de 300 magasins.


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Heureusement - par Claude L'Heureux (claude.lh@sympatico.ca)
Le mercredi 02 mai 2007 20:00

L'oppression, ça magane au point d'aveugler - par Guy Roy (guyroy.gr@videotron.ca)
Le mercredi 02 mai 2007 18:00

Wall-Mart sa campagne de désinformation - par Jean-François Roy (powermetalik@hotmail.com)
Le mercredi 02 mai 2007 15:00

Des questions à poser - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le mercredi 02 mai 2007 13:00

Le vrai problème!!!! - par Moreau J-F (jean-francis.moreau@hotmail.com)
Le mercredi 02 mai 2007 13:00

Wal-Mart et la manipulation cognitive - par rémi-bernard st-pierre
Le mercredi 02 mai 2007 12:00

Pensez-vous? - par Jean-Baptiste Lacombe-Lavigne (salutjb@hotmail.com)
Le mercredi 02 mai 2007 11:00

C'est ça Wall-Mard! - par Nathalie Sarrazin
Le mercredi 02 mai 2007 11:00

Un vrai syndicat ou un cancer - par Claude Archambault (archbroca@videotron.ca)
Le mercredi 02 mai 2007 08:00

Bravo à Wall Mart - par jacques noel
Le mercredi 02 mai 2007 07:00

Si il n'y avait pas Walmart... - par claude Camps
Le mercredi 02 mai 2007 07:00

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