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Jean Préfontaine tire sur messager

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Fernand Trudel
Envoyé Le mercredi 02 mai 2007 21:00



Mais qui êtes vous pour vouloir m'abattre sans tambour ni trompette. J'ai droit à mon opinion et je me fout que vous ne la partagiez pas. Par ailleurs, je ne partage pas votre admiration sans borne pour Jean Lemire. Je n'ai pas été m'émoustiller au Parc Lafontaine un dimanche après midi. J'espère que vous avez ramassé vos canettes vides et vos papiers après la manifestation. Au fait qui paye pour ca ????

Jean Lemire, Biologiste qui a mal tourné et est devenu cinéaste. Dès sa première visite en antarctique il revient avec une demi-vérité qui dérange: Ca réchauffe là aussi. Conclusion hâtive et superficielle avec peu de données donc constat non crédible...

En fait, aucun climatologue ne s'avance aujourd'hui pour établir un rapport de cause à effet entre le réchauffement global et les conditions particulières de la péninsule Antarctique.

Même le GIEC, dans le résumé de son rapport de 2001, parle de l'antarctique en ces termes:

«Dans son ensemble, la masse de l'islandais antarctique devrait augmenter au cours du XXIème siècle»... «Il n'existe pas de changements prouvés pour ce qui est de la superficie générale de la glace marine antarctique entre 1978 et 2000.»

Voici donc, l'explication la plus généralisé de la situation de la calotte antarctique par les spécialistes de ce coin de la planète.

A mesure que l'on s'éloigne de l'extrémité occidentale de l'Antarctique, on comprend mieux la prudence des climatologues les plus enclins à accuser le "réchauffement global" de tous nos maux météorologiques. Car les 2% de la Péninsule, si médiatisés, font presque oublier les 98% du reste du Continent blanc. Et là, les données ne correspondent pas vraiment à l'alarmisme ambiant.

Concernant la température, l'équipe de John Turner (British Antarctic Survey) a analysé les données de 19 stations terrestres de l'Antarctique sur les cinquante dernières années (Turner 2005). 11 d'entre elles montrent un réchauffement, 7 un refroidissement (les données de la dernière ne sont pas exploitables). Par ailleurs, dans toutes les stations sauf deux, le réchauffement a été plus faible (ou le refroidissement plus fort) entre 1971-2000 qu'entre 1961-1990. Ce qui signifie que le Pôle Sud est globalement en train de refroidir, et non de se réchauffer comme on l'annonce régulièrement. Ainsi, quatre des stations côtières sur dix sont passées d'une phase de réchauffement à une phase de refroidissement. Au Pôle lui-même, le taux de refroidissement s'est intensifié d'un facteur six sur cette période.

Une autre étude, publiée en 2002, concernait 30 années (1969-1998) de mesures par radiosonde sur 7 stations, 32 années (1969-2000) de mesures en stations terrestres et 22 années (1979-2000) de mesures dans la troposphère au-dessus de l'Antarctique. Elle avait déjà abouti à la même conclusion : alors que la Péninsule montre une tendance nette et rapide au réchauffement, le reste de l'Antarctique montre un léger refroidissement (Thompson 2002). Les mesures de la température globale de l'Antarctique (toutes zones confondues) par stations terrestres et satellites montre un refroidissement annuel de 0,008°C (station) à 0,042°C (satellite) entre 1979 et 1998 (Cosmiso 2000).

Les glaces progressent vers l'Equateur

Si l'Antarctique refroidit à l'exception de sa Péninsule occidentale, le volume global de ses glaces devrait augmenter. Et c'est le cas.

L'équipe de Curt H. Davis a étudié les chutes de neige sur la banquise Est de l'Antarctique (au Nord de 81,6°S), entre 1992 et 2003, par mesure satellitaire d'altimétrie. Il en ressort que la banquise a gagné en moyenne 45 millions de tonnes par an (soit un gain d'épaisseur annnuel de 1,8 cm). Les auteurs concluent : "un gain de cette magnitude est suffisant pour ralentir la hausse du niveau la mer de 0,12 mm (+/- 0,02) par an". Cette région intérieure représente environ 70% de la surface totale de l'Antarctique - elle s'étend sur 8 millions de km2, soit l'équivalent des Etats-Unis - mais plus de 85% de son volume glaciaire (Davis 2005).

Trois autres travaux récents ont confirmé le phénomène. X. Yuan et D.G. Martinson ont utilisé les données satellitaires pour analyser l'évolution globale de la banquise antarctique sur 18 années (Yuan 2000). Il en ressort que cette banquise a progressé vers l'Equateur de 0,011 degré de latitude chaque année. Les mêmes données satellitaires ont permis une estimation volumétrique du gain sur la période 1979-2002 : la banquise a gagné chaque année 4,801 km2 de glace, et même 13,295 km2 si l'on inclut les zones océaniques où la concentration de glace atteint 15% (Liu 2004). Une autre analyse, sur une durée plus courte (1995-2000), mais avec des données bien plus nombreuses (125 milliards de mesures altimétriques par le satellite européen ERS-2), a montré dans la partie orientale de l'Antarctique des gains annuels moyens de 1 +/- 0,6 cm de glace, dans la partie occidentale des pertes annuelles de 3,6 +/- 1 cm, ce qui représente un solde positif global pour l'Antarctique de 0,4 +/- 0,4 cm par an (Davis 2004).

Conclusions

- Le réchauffement de l'Antarctique est en fait limité à la Péninsule, qui ne représente que 2% de la surface du Pôle Sud. Compte tenu de son ampleur, ce réchauffement local est probablement dû à d'autres causes que le réchauffement global.
- Pris dans sa globalité, l'Antarctique refroidit régulièrement depuis plusieurs décennies. Le volume de ses glaces augmente et progresse vers l'Equateur. Dans la mesure où le Continent Blanc représente plus des quatre-cinquièmes des glaces de la planète, cela signifie que le spectre de la « fonte généralisée des glaces par la faute de l'homme » est une légende.

Références
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Cosmiso J.C. (2000), Variability and trends in Antarctic surface temperatures from in situ and satellite infrared measurments, Journal of Climate, 13, 1674-1696.
Davis C.H., A.C. Ferguson (2004), Elevation change of the Antarctic ice sheet, 1995-2000, from ERS-2 satellite radar altimetry, IEEE Transactions on Geoscience and Remote Sensing, 42, 2437-2445.
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Monsieur Préfontaine, je me demande si Jean Lemire, ce cinéaste qui s'improvise climathologue avait une certaine formation de base. Un seul voyage dans le 2% de la péninsule est suffisant pour conclure le contraire de ce qui s'y passe réellement. Seul Jean Lemire nous alarme, votre héros n'a même pas la bénédiction du GIEC, quelle disgrâce...

Ne jappez pas trop fort. À la place, je préfèrerais que vous argumentiez avec des faits supportés par des références crédibles comme je m'évertue à en fournir aux lecteurs et vous en avec un échantillon avec la nomenclature ci-haut.


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