Israël - Olmert entend rester malgré la tempête

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Reuters
Édition du lundi 30 avril 2007

Mots clés : démission, guerre, Ehoud Olmert, Justice, Liban (pays), Israël (pays)

Un rapport à paraître aujourd'hui lui reproche son «jugement malencontreux et imprudent» lors de la guerre au Liban

Ehoud Olmert affichait un air soucieux hier.

Photo: Agence Reuters

Jérusalem -- Traité de «raté» dans la presse, vilipendé par l'opposition, Ehoud Olmert a fait savoir hier qu'il n'avait pas l'intention de démissionner, à la veille de la publication d'un rapport sur sa conduite de la guerre au Liban l'été dernier.

La commission Winograd, qui réunit deux juristes, deux anciens généraux et un expert des affaires politiques, rendra public aujourd'hui un premier rapport de 160 pages qui n'épargne pas le chef du gouvernement israélien, mais ne va pas jusqu'à réclamer son départ.

Le document s'attache tout particulièrement aux cinq premiers jours de l'offensive contre les combattants chiites du Hezbollah libanais. Selon la Chaîne 10 de la télévision israélienne, il reproche au chef du gouvernement d'avoir fait preuve d'un «jugement malencontreux et imprudent» en lançant l'attaque après l'enlèvement de deux soldats israéliens le 12 juillet 2006.

La commission accuse en outre Olmert qui, à la différence de la plupart de ses prédécesseurs, n'a pas d'antécédents militaires, d'avoir donné trop facilement son feu vert aux plans de l'état-major et le juge coupable d'imprévoyance, précise la chaîne.

«Nous ne pouvons pas parler à partir des fuites qu'il y a eues. Nous allons attendre le rapport, le lire, l'étudier, et ensuite nous répondrons», a déclaré Olmert hier lors du conseil des ministres hebdomadaire, selon le site Internet d'actualité Ynet. Les proches du Premier ministre ont assuré qu'il n'avait nullement l'intention de démissionner.

Ils soulignent que l'accord de cessez-le-feu qui a suivi l'offensive de l'été a permis de repousser les combattants du Hezbollah loin de leurs bastions à la frontière d'Israël et de renforcer les forces de l'Onu dans la région.

Pendant les 34 jours de guerre, le Hezbollah a tiré 4000 roquettes sur Israël, forçant une partie de la population du nord de l'État juif à se réfugier dans des abris.

«Il n'y avait plus de premier ministre. Il n'y avait plus de gouvernement. Nous appelions à l'aide... Personne», a rappelé Suzanne Peretz, porte-parole de la municipalité de Kiryat Shmona, une ville d'Israël visée à de nombreuses reprises par les tirs des miliciens chiites.

L'impopularité d'Olmert dans l'opinion depuis cette guerre, ajoutée aux «affaires» qui touchent la classe politique depuis plusieurs mois, va probablement encore s'aggraver après la publication du rapport et réduire encore la marge de manoeuvre du gouvernement dans les négociations avec les Palestiniens.

«Le jugement tombera lundi. La sentence sera rendue plus tard par l'opinion publique», écrit l'éditorialiste Ben Caspit dans le quotidien Maariv. «Olmert doit reconnaître sa responsabilité. Les gens méritent mieux que ça», estime Gideon Saar, l'un des responsables du Likoud, le principal parti d'opposition dont le chef de file, Benjamin Netanyahou, est en tête dans les sondages.

Maariv publiait hier une photo d'Olmert, l'air effondré, la tête dans les mains, sous le titre «Raté», tandis que le Yedioth Ahronoth proclame en première page: «jugement malencontreux».


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