Torture de prisonniers - La Commission afghane des droits dit ne pas avoir informé le Canada

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PC
Édition du lundi 30 avril 2007

Mots clés : torture, Forces armées, Détenu, Canada (Pays), Afghanistan (Pays)

Ottawa -- La Commission afghane des droits de la personne a eu vent de rumeurs selon lesquelles les talibans capturés par les Canadiens pourraient avoir été maltraités dans les prisons locales, mais n'en a pas informé le gouvernement conservateur, soutient le dirigeant de l'organisme à Kandahar.

«J'ai entendu dire qu'ils avaient été torturés, mais je n'en ai aucune preuve», a déclaré Abdul Quadar Noorzai, en entrevue à la Presse canadienne depuis Kandahar. Il s'agissait d'une «rumeur», a-t-il dit.

Au cours de la semaine dernière, marquée par la controverse politique à Ottawa au sujet des allégations de torture des prisonniers, le premier ministre Stephen Harper, son ministre de la Défense, Gordon O'Connor, et le ministre des Affaires étrangères Peter MacKay ont tous maintenu qu'ils n'étaient pas au courant de cas «particuliers».

À la fin de février, l'organisme que dirige M. Noorzai s'est vu demander par le Canada de surveiller le sort des prisonniers. M. Noorzai a dit qu'il lui faut plus que des rumeurs pour signaler des cas aux autorités canadiennes.

La semaine passée, le quotidien The Globe and Mail a révélé qu'une trentaine de détenus remis par les troupes canadiennes aux autorités de l'Afghanistan pourraient avoir été maltraités. L'organisme de M. Noorzai et le gouvernement afghan enquêtent sur ces allégations.

Même s'il a été incapable de vérifier les allégations concernant les prisonniers faits par les Canadiens, M. Noorzai a trouvé des indications d'autres cas de torture présumée impliquant des détenus remis aux services afghans du renseignement par l'armée afghane. Mais M. Noorzai a déclaré à nouveau que les autorités canadiennes n'avaient pas été informées de ces cas, survenus en 2004. Selon lui, cela relevait du gouvernement local et du système judiciaire afghan. Et à l'époque, les Canadiens n'étaient pas à Kandahar, a-t-il ajouté.

Le critique libéral pour les affaires étrangères, Ujjal Dosanjh, s'est demandé si le gouvernement conservateur avait sollicité des avis ou posé des questions à la commission des droits à propos de la pertinence de transférer des détenus aux services de renseignement afghans. «Est-ce qu'une seule personne au sein du gouvernement a vraiment parlé à l'instance à laquelle il a confié la tâche de veiller aux droits humains?», a-t-il demandé.

Depuis qu'il a accepté la responsabilité des détenus canadiens, M. Noorzai affirme avoir dû se battre pour avoir accès aux cellules de la prison.

Tant le gouvernement canadien que le gouvernement afghan, par l'intermédiaire de l'ambassadeur afghan à Ottawa, ont nié que la commission des droits de la personne ait rencontré quelque obstacle que ce soit. L'ambassadeur Omar Samad a soutenu jeudi qu'il n'était au courant d'aucun problème et laissé entendre que M. Noorzai n'avait pas demandé de pouvoir entrer dans la prison.

Dans une lettre au ministère canadien des Affaires étrangères, vendredi, le dirigeant du service du renseignement afghan a qualifié de «mensongères» les allégations de torture dans les centres de détention dirigés par son service. Selon Amrullah Saleh, les représentants canadiens et les groupes de défense des droits de la personne pourront avoir pleinement accès aux cellules pour s'enquérir du sort des prisonniers à l'avenir.


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