La petite chronique - Lisez-vous des nouveautés ?

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Gilles Archambault
Édition du samedi 28 et du dimanche 29 avril 2007

Mots clés : romans, nouveautés, Livre, Culture, Québec (province)

C'est un peu le hasard qui m'a fait choisir les trois romans dont je rends compte ici. Le premier m'attirait par son titre. Le deuxième me titillait grâce à une référence à Voltaire. Le troisième parlait d'une passion amoureuse.

Le Silence de François Léotard raconte le destin peu ordinaire d'un personnage qui n'a plus prononcé un mot depuis l'âge de 10 ans. Simon Leibowitz est alors mêlé à cause de sa famille à la Résistance italienne. Plusieurs années plus tard, il assassine un ex-officier allemand. Il y a procès, les journaux s'emparent de l'affaire. Une jeune étudiante à l'université de Rome finit par correspondre avec Simon. Le lecteur apprendra que l'étudiante, née de parents inconnus, est en réalité la fille de l'énigmatique héros. À mon avis, il faut une forte dose de naïveté pour adhérer à une intrigue à laquelle on ne s'attache qu'avec difficulté. Le silence dont il est ici question n'a rien à voir avec l'écriture qui, elle, est bavarde.

Un été chez Voltaire, de Jacques-Pierre Amette, se lit d'un trait. Dans ses passages réussis, on dirait presque un conte du XVIIIe siècle. N'y manqueraient, et c'est important, que le «primesaut», la vivacité, l'acuité de l'auteur de Candide et de Zadiq. En 1761, à sa résidence de Ferney, Voltaire reçoit deux comédiennes italiennes à qui il confie des rôles dans sa pièce Le Fanatisme ou Mahomet. La tragédie est un four. Zanetta et Gabriella se divertissent comme elles peuvent dans des débats amoureux avec le comte Fleckenstein, officier prussien, émissaire de Frédéric II. Si on ne s'ennuie pas à la lecture de ce bref roman, on n'y apprend en revanche rien de ce que nous ait livré la correspondance de Voltaire. Quant à la réflexion «d'une prodigieuse actualité sur le fanatisme» que promet la quatrième de couverture, mieux vaut se mettre au parfum au moyen d'un des nombreux essais qui pullulent sur le sujet par les temps qui courent.

Avant, pendant, après, de Jean-Marc Parisis, est l'histoire d'une passion dévastatrice. Écrit au je, dans un style décapant, ce roman met en scène un parolier de chansons qui rencontre dans une soirée une femme dont il tombe amoureux sans même lui adresser la parole. «La première fois que je l'ai vue, je ne l'ai pas vue, je l'ai aimée de dos. Je savais que lorsqu'elle se retournerait, ce serait pire... Ses yeux brillaient d'une lumière mystérieuse et familière qui semblait venir du fond de l'enfance.»

On pourrait déduire à la lecture de cet extrait que ce bref roman fait largement appel à la poésie. En réalité, les passages de cette nature ne sont pas si nombreux. Si on les retient, c'est qu'ils sont convaincants, que l'histoire d'amour qui nous est relatée paraît plus que vraisemblable et surtout qu'ils font tache, ces passages, dans des pages écrites sur un ton direct qui est de notre époque. C'est bien dans le Paris d'aujourd'hui que nous amène l'auteur, un Paris qui serait celui du monde de la publicité et du divertissement. «Les femmes savaient quand elles ne voulaient pas mais ne savaient pas quand elles voulaient.»

Un roman qui ne parlerait pas d'amour n'en serait pas un. Des trois livres dont je rends compte ici, vous comprendrez que le dernier est de loin le plus attachant.

Collaborateur du Devoir

***

Le silence

François Léotard

Grasset

Paris, 2006, 287 pages

Un été chez Voltaire

Jacques-Pierre Amette

Albin Michel

Paris 2006, 171 pages

Avant, pendant, après

Jean-Marc Parisis

Stock

Paris 2007, 137 pages


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com