La petite chronique - Lisez-vous des nouveautés ?
Mots clés : romans, nouveautés, Livre, Culture, Québec (province)
C'est un peu le hasard qui m'a fait choisir les trois romans dont je rends compte ici. Le premier m'attirait par son titre. Le deuxième me titillait grâce à une référence à Voltaire. Le troisième parlait d'une passion amoureuse.
Un été chez Voltaire, de Jacques-Pierre Amette, se lit d'un trait. Dans ses passages réussis, on dirait presque un conte du XVIIIe siècle. N'y manqueraient, et c'est important, que le «primesaut», la vivacité, l'acuité de l'auteur de Candide et de Zadiq. En 1761, à sa résidence de Ferney, Voltaire reçoit deux comédiennes italiennes à qui il confie des rôles dans sa pièce Le Fanatisme ou Mahomet. La tragédie est un four. Zanetta et Gabriella se divertissent comme elles peuvent dans des débats amoureux avec le comte Fleckenstein, officier prussien, émissaire de Frédéric II. Si on ne s'ennuie pas à la lecture de ce bref roman, on n'y apprend en revanche rien de ce que nous ait livré la correspondance de Voltaire. Quant à la réflexion «d'une prodigieuse actualité sur le fanatisme» que promet la quatrième de couverture, mieux vaut se mettre au parfum au moyen d'un des nombreux essais qui pullulent sur le sujet par les temps qui courent.
Avant, pendant, après, de Jean-Marc Parisis, est l'histoire d'une passion dévastatrice. Écrit au je, dans un style décapant, ce roman met en scène un parolier de chansons qui rencontre dans une soirée une femme dont il tombe amoureux sans même lui adresser la parole. «La première fois que je l'ai vue, je ne l'ai pas vue, je l'ai aimée de dos. Je savais que lorsqu'elle se retournerait, ce serait pire... Ses yeux brillaient d'une lumière mystérieuse et familière qui semblait venir du fond de l'enfance.»
On pourrait déduire à la lecture de cet extrait que ce bref roman fait largement appel à la poésie. En réalité, les passages de cette nature ne sont pas si nombreux. Si on les retient, c'est qu'ils sont convaincants, que l'histoire d'amour qui nous est relatée paraît plus que vraisemblable et surtout qu'ils font tache, ces passages, dans des pages écrites sur un ton direct qui est de notre époque. C'est bien dans le Paris d'aujourd'hui que nous amène l'auteur, un Paris qui serait celui du monde de la publicité et du divertissement. «Les femmes savaient quand elles ne voulaient pas mais ne savaient pas quand elles voulaient.»
Un roman qui ne parlerait pas d'amour n'en serait pas un. Des trois livres dont je rends compte ici, vous comprendrez que le dernier est de loin le plus attachant.
Collaborateur du Devoir
***
Le silence
François Léotard
Grasset
Paris, 2006, 287 pages
Un été chez Voltaire
Jacques-Pierre Amette
Albin Michel
Paris 2006, 171 pages
Avant, pendant, après
Jean-Marc Parisis
Stock
Paris 2007, 137 pages
Vos réactions
Aucun commentaire ... soyez le premier !

