Roman mexicain - Petitesse et décadence d'une diva domestique

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Christian Desmeules
Édition du samedi 28 et du dimanche 29 avril 2007

Mots clés : La vie conjugale, Sergio Pitol, Livre, Culture, Mexique (pays)

«Jacqueline Cascorro, protagoniste de ce récit, a connu pendant la plus grande partie de sa vie les expériences conjugales courantes: extases, querelles, tromperies, crises et réconciliations.»

C'est avec ce ton détaché, mélange de rapport d'autopsie et de compte rendu ironique, que le Mexicain Sergio Pitol nous introduit dans l'équivoque de son univers littéraire. Récit métaphorique consacré au mariage, l'une des institutions les plus «utiles» aux sociétés humaines, La Vie conjugale vient ainsi clore une trilogie «carnavalesque» dont le premier volet, Parade d'amour, avait paru en français au Seuil en 1989.

Petite bourgeoise de Mexico, née pauvre et profondément insatisfaite de sa condition, Jacqueline se complaît à poser en éternelle victime de son mari, un riche homme d'affaires qu'elle croit volage, cupide et insignifiant. Et la perspective de se venger devient vite pour elle une obsession. Au fil des ans, elle nouera ainsi des relations extraconjugales, fomentera quelques plans criminels et amateurs pour se débarrasser de son mari, échouera toujours, dégringolera chaque fois jusqu'à s'enfermer de plus en plus dans la prison dorée qu'elle cherchait à fuir.

De déception en catastrophe, Jacqueline, on le comprend assez tôt, est la victime égocentrique et imaginaire d'un drame conjugal qu'elle s'invente. «La vie était maintenant pour elle un voyage sans destination en plein désert.» Le mariage rend-il fou?

Relatant le parcours d'une trentaine d'années, «entre la vanité, la frustration et l'ennui», de ce personnage dont la vacuité est aussi démesurée que ses ambitions, La Vie conjugale brosse en passant la caricature impitoyable d'une certaine bourgeoisie mexicaine -- un portrait qui pourra être étendu sans trop forcer à tous les pays et à l'ensemble des classes sociales. Puisque la comédie grotesque de l'amour conjugal, nous dit Pitol en bon disciple de Gombrowicz, est férocement universelle. C'est l'histoire d'une chute sans fin.

Collaborateur du Devoir

***

LA VIE CONJUGALE

Sergio Pitol

Traduit de l'espagnol (Mexique) par Gabriel Iaculli

Gallimard

Paris, 2007, 160 pages


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com