Roman mexicain - Petitesse et décadence d'une diva domestique
Mots clés : La vie conjugale, Sergio Pitol, Livre, Culture, Mexique (pays)
«Jacqueline Cascorro, protagoniste de ce récit, a connu pendant la plus grande partie de sa vie les expériences conjugales courantes: extases, querelles, tromperies, crises et réconciliations.»
Petite bourgeoise de Mexico, née pauvre et profondément insatisfaite de sa condition, Jacqueline se complaît à poser en éternelle victime de son mari, un riche homme d'affaires qu'elle croit volage, cupide et insignifiant. Et la perspective de se venger devient vite pour elle une obsession. Au fil des ans, elle nouera ainsi des relations extraconjugales, fomentera quelques plans criminels et amateurs pour se débarrasser de son mari, échouera toujours, dégringolera chaque fois jusqu'à s'enfermer de plus en plus dans la prison dorée qu'elle cherchait à fuir.
De déception en catastrophe, Jacqueline, on le comprend assez tôt, est la victime égocentrique et imaginaire d'un drame conjugal qu'elle s'invente. «La vie était maintenant pour elle un voyage sans destination en plein désert.» Le mariage rend-il fou?
Relatant le parcours d'une trentaine d'années, «entre la vanité, la frustration et l'ennui», de ce personnage dont la vacuité est aussi démesurée que ses ambitions, La Vie conjugale brosse en passant la caricature impitoyable d'une certaine bourgeoisie mexicaine -- un portrait qui pourra être étendu sans trop forcer à tous les pays et à l'ensemble des classes sociales. Puisque la comédie grotesque de l'amour conjugal, nous dit Pitol en bon disciple de Gombrowicz, est férocement universelle. C'est l'histoire d'une chute sans fin.
Collaborateur du Devoir
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LA VIE CONJUGALE
Sergio Pitol
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Gabriel Iaculli
Gallimard
Paris, 2007, 160 pages
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