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Enfantin, rêver?

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Stéphane Venne (vennestephane@videotron.ca)
Envoyé Le vendredi 27 avril 2007 09:00



Ce n'est pas parce que la principale activité intellectuelle des enfants tient du rêve qu'on peut dire qu'il est enfantin de rêver. Pas plus qu'on peut dire que de jouer est puéril puisque le jeu est l'activité physique préférée des enfants. C'est normal que dans le cerveau d'un enfant, où la vie n'a pas encore eu le temps de consigner des faits, des expériences, et les leçons de l'expérience sous forme d'idées, tout l'espace soit occupé non pas par des "hard facts" mais par une réalité virtuelle: le rêve.

En revanche, le monde adulte (et le monde tout court) ne saurait avancer, évoluer, s'il n'est pas capable de voir ce qui n'existe pas encore, pas capable de concevoir des projets, des plans, des modèles, des ambitions, des idéaux, autant de mots adultes pour "rêves".

Si les années soixante (y compris l'Expo et Apollo XI) furent créatrices, c'est qu'elles savaient que 2 + 2 peuvent faire 5 si on y ajoute la créativité, l'effort, la synergie, si on s'arrange pour que l'intangible et l'intellect aient préséance sur le matériel.

Selon cette lecture, ironiser sur le rêve (notamment en infantilisant la notion de rêve) nous rabat au niveau des choses et de la plate comptabilité linéaire des choses, donc nous fait régresser. On n'arrangera pas l'environnement comme ça, on ne guérira pas le Sida comme ça. Faut le rêver avant de le faire. Faut toujours rêver avant de faire quoi que ce soit. C'est ça qu'il y avait dans ma toune.

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