11e Francouvertes: la finale - Diplômée en mal de vivre

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Sylvain Cormier
Édition du vendredi 27 avril 2007

Mots clés : Émilie Proulx, Francouvertes, Musique, Montréal, Québec (province)

Jeudi soir, tard. Il est déjà l'heure d'écrire ce texte et seule Émilie Proulx a fait sa demi-heure allouée, première à chanter parmi les trois finalistes de ces Francouvertes, onzièmes du nom. Restent à venir: Mimosa et Deya. Cette finale a mis un temps fou à démarrer: énumération des commanditaires, prestation du gagnant de l'an dernier (le groupe Ma blonde est une chanteuse, en pleine régression), séquence vidéo résumant les demi-finales, un marathon de préliminaires. Alors voilà. Je n'y suis plus et rien n'est décidé. Le collègue Phillipe Papineau va téléphoner pour qu'on sache. D'ici là, parlons d'Émilie Proulx.

Parlons du fait que je suis totalement heureux d'avoir dû partir tout de suite après elle. Avec elle et seulement elle en tête et au coeur. C'est fou, pendant qu'elle chantait Les masques tombent, Que passent les heures, La Peur me montre où aller, des airs lancinants et monocordes qui n'ont l'air de rien mais disent tout de son mal de vivre endémique, je n'étais plus du tout dans une finale de concours. J'étais au spectacle d'Émilie Proulx. J'étais plongé dans l'univers d'Émilie Proulx. Happé.

Cette jeune femme, me disais-je, n'a que faire d'un concours. Elle est déjà là où elle doit être. Son mini-album paru en début d'année nous a déjà chamboulés, tranchant dans le gras du vedettariat, dénonçant à l'avance toute velléité de mise en scène. Sur scène, justement, elle est encore plus désarmante. Rien à voir. C'est comme si elle n'était pas là. Et pourtant, tout passe, tout porte, tout atteint. Le groupe de musiciens autour d'elle, dont Carl-Éric Hudon à la basse, confère ampleur et solennité à ses mélodies, mais ce serait aussi fort guitare-voix.

Et Mimosa, Philippe? «Théâtrale, totalement àl'aise» Comme à la finale de Granby. Du chien, de l'énergie, Minosa est une comédie musicale à elle seule. Tant mieux pour elle. Après Émilie la transparente, je n'avais surtout pas envie d'une chanteuse déguisée en tornade. Et Neya, Philippe? «Gros reggae soleil.» La belle affaire. Après les lamentations quasi psalmodiques d'Émilie Proulx, qui voulait bondir? Pas moi. Je voulais me noyer dans les chansons d'Émilie Proulx, et rien d'autre. Et qui l'a emporté, Philippe? Philippe? Trop tard. Qu'importe le résultat. Émilie Proulx a déjà gagné.

Collaborateur du Devoir


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com