11e Francouvertes: la finale - Diplômée en mal de vivre
Mots clés : Émilie Proulx, Francouvertes, Musique, Montréal, Québec (province)
Jeudi soir, tard. Il est déjà l'heure d'écrire ce texte et seule Émilie Proulx a fait sa demi-heure allouée, première à chanter parmi les trois finalistes de ces Francouvertes, onzièmes du nom. Restent à venir: Mimosa et Deya. Cette finale a mis un temps fou à démarrer: énumération des commanditaires, prestation du gagnant de l'an dernier (le groupe Ma blonde est une chanteuse, en pleine régression), séquence vidéo résumant les demi-finales, un marathon de préliminaires. Alors voilà. Je n'y suis plus et rien n'est décidé. Le collègue Phillipe Papineau va téléphoner pour qu'on sache. D'ici là, parlons d'Émilie Proulx.
Cette jeune femme, me disais-je, n'a que faire d'un concours. Elle est déjà là où elle doit être. Son mini-album paru en début d'année nous a déjà chamboulés, tranchant dans le gras du vedettariat, dénonçant à l'avance toute velléité de mise en scène. Sur scène, justement, elle est encore plus désarmante. Rien à voir. C'est comme si elle n'était pas là. Et pourtant, tout passe, tout porte, tout atteint. Le groupe de musiciens autour d'elle, dont Carl-Éric Hudon à la basse, confère ampleur et solennité à ses mélodies, mais ce serait aussi fort guitare-voix.
Et Mimosa, Philippe? «Théâtrale, totalement àl'aise» Comme à la finale de Granby. Du chien, de l'énergie, Minosa est une comédie musicale à elle seule. Tant mieux pour elle. Après Émilie la transparente, je n'avais surtout pas envie d'une chanteuse déguisée en tornade. Et Neya, Philippe? «Gros reggae soleil.» La belle affaire. Après les lamentations quasi psalmodiques d'Émilie Proulx, qui voulait bondir? Pas moi. Je voulais me noyer dans les chansons d'Émilie Proulx, et rien d'autre. Et qui l'a emporté, Philippe? Philippe? Trop tard. Qu'importe le résultat. Émilie Proulx a déjà gagné.
Collaborateur du Devoir
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