Le Congrès américain vote un calendrier de retrait des troupes

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AFP
Édition du vendredi 27 avril 2007

Mots clés : veto, projet de loi, Congrès américain, Forces armées, Irak (pays)

Bush promet d'opposer son veto au projet de loi

Le leader de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid (au centre), a participé hier à une conférence de presse avec son homologue de la Chambres des représentants, Nancy Pelosi, et avec le président de la Commission sénatoriale des forces armées, Carl Levin.

Photo: Agence Reuters

Washington -- Le Congrès américain a adopté hier un calendrier de retrait d'Irak, auquel le président George W. Bush opposera son veto.

Le Sénat a soutenu hier par 51 voix contre 46 ce calendrier de retrait à partir du 1er octobre, approuvé la veille à la Chambre des représentants par 218 voix contre 208 et deux abstentions.

La Maison-Blanche a immédiatement réagi en affirmant que M. Bush opposerait son veto à ce texte liant le financement de la guerre à un retrait.

Il s'agit d'un «projet de loi défaitiste qui insiste sur une date de reddition», a affirmé la porte-parole de la Maison-Blanche, Dana Perino.

Une fois le texte bloqué, a précisé la porte-parole Dana Perino, M. Bush attend de «travailler avec les dirigeants du Congrès à un projet de loi qu'il puisse signer», permettant de débourser la centaine de milliards de dollars réclamés par le Pentagone pour financer en 2007 les guerres en Irak et en Afghanistan.

Le veto présidentiel, attendu en début de semaine prochaine, pourrait survenir quatre ans jour pour jour après l'annonce solennelle par M. Bush de la fin des «principales opérations de combat» en Irak, sur fond d'une gigantesque banderole portant l'inscription «Mission accomplie».

«Ce président qui a mené le pays en guerre sous de faux prétextes doit maintenant avoir le courage de reconnaître que sa politique a raté et travailler avec nous pour conduire cette guerre à une fin responsable», a lancé le chef de la majorité du Sénat, Harry Reid, peu avant le vote.

Juste avant le vote au Sénat, le commandant de la force multinationale en Irak, le général David Petraeus, qui avait eu plusieurs rencontres avec des parlementaires mercredi, les a mis en garde en décrivant une situation plutôt sombre en Irak.

«Cela peut devenir bien, bien pire, a-t-il dit lors d'une conférence de presse au Pentagone. Actuellement, il est juste de dire que cela va un peu mieux. Mais je n'essaie pas de dire que la situation est satisfaisante.»

Au moins 29 personnes, dont neuf soldats irakiens, ont été tuées hier dans plusieurs attaques à travers le pays, selon les services de sécurité irakiens et l'armée américaine.

Le général Petraeus a été chargé en début d'année par le président Bush d'appliquer une nouvelle stratégie visant en priorité à sécuriser Bagdad avec le renfort de près de 30 000 militaires américains et donner une chance à une réconciliation politique entre chiites, sunnites et Kurdes.

Les violences interconfessionnelles ont chuté de deux tiers depuis janvier, mais cette amélioration a été contrebalancée par une vague d'attentats à la voiture piégée, attribuée à al-Qaïda, a dit le général Petraeus.

«Le niveau de violence... est généralement resté inchangé», a-t-il estimé. Il a prévenu que davantage de soldats américains pourraient mourir alors que l'armée américaine intervient dans des zones où se trouvent les insurgés.

La nouvelle stratégie américaine en Irak a obtenu pour l'instant des résultats mitigés. Le général Petraeus a déclaré qu'il ferait le point début septembre sur la situation, qu'il a qualifiée d'«extrêmement complexe».

Il a par ailleurs accusé la force Quds, unité d'élite des Gardiens de la révolution iraniens, d'avoir financé, armé et entraîné les Irakiens qui ont enlevé et tué cinq soldats américains dans un raid le 20 janvier à Kerbala.

Il a toutefois souligné qu'il n'y avait pas de preuves montrant une implication directe des Iraniens.


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