Turquie - Erdogan ne se présente pas

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AFP
Édition du mercredi 25 avril 2007

Mots clés : Recep Tayyip Erdogan, Gouvernement, Turquie (pays)

Il passe la main au ministre des Affaires étrangères

Ankara -- Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a finalement renoncé hier à se présenter à la présidence, au profit de son bras droit, le ministre des Affaires étrangères, Abdullah Gül, qui sera le candidat de leur parti à l'élection présidentielle, dont le premier tour est prévu vendredi.

M. Erdogan, dont l'éventuelle candidature à la magistrature suprême a été combattue par les milieux laïques, qui craignent qu'il n'islamise le pays une fois à la tête de l'État, a ainsi mis fin à des semaines de conjectures sur ses propres ambitions présidentielles.

L'éventualité de sa candidature faisait frémir les laïcs, qui ont manifesté en masse (jusqu'à 1,5 million, selon des estimations), le 14 avril à Ankara, pour le dissuader d'accéder au palais présidentiel, considéré comme le «dernier bastion» de la laïcité. De l'avis des observateurs et de l'opposition, cette plus grande manifestation de l'histoire de la Turquie ainsi que les critiques formulées auraient joué un rôle dans la décision de M. Erdogan.

M. Erdogan, qui renie son passé d'islamiste, a entretenu jusqu'au bout le suspense sur les ambitions présidentielles que tout le monde lui prêtait.

Certains membres de l'AKP ont vu dans sa décision un sacrifice, notamment pour conduire l'AKP au scrutin législatif prévu en automne. «Il s'agit d'un sacrifice personnel de M. Erdogan», a affirmé le ministre de la Santé, Recep Akdag.

M. Gül a déposé officiellement sa candidature et organisé une conférence de presse pour dire que, une fois élu, il serait attaché aux principes laïques de l'État et pour demander aussi que l'on respecte sa femme, qui porte le voile.

Depuis la victoire électorale de l'AKP aux élections législatives de 2002, la bataille entre la hiérarchie pro-laïque et l'AKP a plusieurs fois fait rage sur le sujet sensible du voile islamique, strictement interdit dans la fonction publique et les universités.


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