L'affrontement sur l'Irak entre Bush et le Congrès s'échauffe

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AFP
Édition du mercredi 25 avril 2007

Mots clés : Dick Cheney, Congrès démocrate, Bush, États-Unis (pays), Irak (pays)

Les démocrates se sont mis d'accord sur la version définitive d'un projet de loi sur un calendrier de retrait

Washington -- L'affrontement entre la Maison-Blanche et le Congrès démocrate sur la guerre en Irak, son financement et l'opportunité d'y fixer un terme s'est brusquement échauffé hier, le vice-président Dick Cheney se faisant traiter de «chien d'attaque» par un chef démocrate.

«Le président lâche souvent son chien d'attaque, connu sous le nom de Dick Cheney, et [M. Cheney] est venu encore ici aujourd'hui m'attaquer, non seulement moi mais le groupe démocrate», a déclaré le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, dans les couloirs du Sénat, tout en se défendant de vouloir s'engager dans «un match d'insultes avec quelqu'un dont la popularité plafonne à 9 %».

Un peu plus tôt, M. Cheney, président en titre du Sénat, avait affirmé que «certains dirigeants démocrates semblent croire qu'une opposition aveugle à la nouvelle stratégie fait de la bonne politique».

Lundi soir, les adversaires démocrates du président Bush se sont mis d'accord sur la version définitive d'un projet de loi liant le financement de la guerre en Irak à un calendrier de retrait, rapprochant encore la perspective d'un veto présidentiel.

Le texte prévoyant quelque 124,2 milliards $US, dépassant d'une vingtaine de milliards l'enveloppe réclamée par l'administration, pourrait être adopté d'ici à la fin de la semaine. Il sera ensuite soumis au président George W. Bush pour un veto apparaissant inévitable.

Ce projet de loi exige que les troupes américaines commencent à quitter l'Irak au plus tard le 1er octobre, avec un objectif non impératif d'achever ce retrait d'ici au 1er avril 2008 -- or le président Bush a réitéré hier son ferme refus de tout calendrier de retrait, fût-il indicatif.

M. Bush s'est déclaré convaincu lundi que sa nouvelle stratégie annoncée en janvier, marquée principalement par l'envoi de quelque 28 000 soldats supplémentaires, avait permis des progrès, en dépit de la litanie d'attentats meurtriers à Bagdad.

Mais la majorité démocrate au Congrès, forte de sondages qui confirment de semaines en semaines l'impopularité de la guerre, affirme que son texte a pour vertu essentielle de «refléter la volonté des Américains, et les meilleurs intérêts de notre pays», comme l'a déclaré le sénateur Robert Byrd, l'un des principaux négociateurs du texte mis au point lundi soir.

M. Byrd a souligné en outre que le projet de loi «finance entièrement [les besoins de] nos braves soldats, qui risquent leur vie tous les jours pour sauver notre pays».

Le projet de loi finance en effet l'effort de guerre en Irak et en Afghanistan pour 2007, en débloquant les fonds réclamés par le Pentagone, et ajoute pour près de deux milliards de dollars de fonds destinés aux soldats rentrés de la guerre.

Sans guère d'espoir réel d'éviter un veto apparaissant inexorable, les principaux responsables du Congrès ont imploré lundi M. Bush de se rendre à leurs arguments.

«C'est à lui de décider: garder le cap sur une politique ratée ou se joindre à nous pour donner à nos soldats une stratégie de succès», ont souligné dans un communiqué commun la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, et le chef de la majorité du Sénat, Harry Reid.

Le projet de loi est «tout simplement insensé», leur a répondu le chef des républicains de la Chambre, John Boehner, sans toutefois annoncer de mesure de procédure pour s'y opposer.

En fait, toutes ces prises de position sans surprise ne servent qu'à préparer la prochaine étape, la mise au point d'un texte qui permettra de débloquer les fonds demandés, les démocrates ayant affiché à plusieurs reprises leur volonté de «donner aux militaires ce dont ils ont besoin tant qu'ils sont exposés au danger», comme l'a rappelé hier la représentante Debbie Wasserman-Schultz.


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