Glasnost à la chinoise

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Reuters
Édition du mercredi 25 avril 2007

Mots clés : Hu Jintao, Wen Jiabao, Gouvernement, Chine (République populaire) (Pays)

Pékin veut rendre plus transparentes les affaires de l'État

Pékin -- Les autorités communistes chinoises ont présenté hier de nouvelles règles visant à rendre plus transparentes les affaires gouvernementales, pour combattre la corruption et la gabegie, mais dans des limites encore strictes.

Ces mesures, avalisées par Wen Jiabao, le premier ministre, permettront notamment aux citoyens d'exiger des informations sur les finances publiques, les projets et statistiques économiques, le développement rural ou la protection de l'environnement.

Un responsable a présenté le Règlement sur l'information gouvernementale ouverte comme un élément clé de la doctrine de la «société harmonieuse», élaborée par le président, Hu Jintao, pour atténuer les tensions sociales dues aux écarts de revenu et à la corruption qui ne cessent de s'étendre.

«Cela garantit au peuple le droit de savoir», a déclaré Zhan Qiong, vice-ministre du Bureau des affaires législatives. «Cela contribue à contenir et à prévenir la corruption sur le plan institutionnel et à sa racine.»

Les nouvelles dispositions entreront en vigueur en mai 2008, trois mois avant les Jeux olympiques de Pékin. Elles donnent droit aux «citoyens, entreprises et autres organisations» de réclamer sans frais des informations officielles, en fonction de leurs besoins dans leur activité, leur vie ou leur recherche.

Parmi les secteurs clés pour lesquels le gouvernement est censé fournir sans retard des informations figurent les «incidents publics subits», soit les manifestations, accidents ou épidémies, comme celle du SRAS que le gouvernement a tenté d'étouffer en 2003.

Sont aussi visées les informations concernant les expropriations et les démolitions de logements -- questions explosives depuis quelques années, qui donnent souvent lieu à des transactions occultes impliquant fonctionnaires et promoteurs.

Les citoyens pourront aller en appel et, éventuellement, attaquer des responsables devant les tribunaux lorsque des requêtes légitimes sont rejetées.

Mais le Parti communiste chinois a fait comprendre qu'il n'était pas question de liberté tous azimuts, les nouvelles règles laissant aux responsables des moyens d'échapper à des regards trop scrutateurs: en effet, les informations divulguées «ne devraient pas porter atteinte à la sécurité de l'État, à la sécurité économique ou à la stabilité sociale».

Les officines veillant sur le secret des affaires publiques auront le dernier mot pour ce qui est de la publication ou non d'informations incertaines, indique le règlement.

La définition chinoise du secret d'État est connue pour sa grande élasticité. La Chine est le pays qui emprisonne le plus grand nombre de journalistes (plus de 30 actuellement), souvent pour atteinte à des secrets d'État lorsqu'ils font état de malversations dans la haute fonction publique ou formulent des pronostics sur les changements politiques à venir.

Pour Mao Shoulong, professeur d'administration publique à l'Université populaire de Chine, les nouvelles mesures correspondent à une initiative «graduelle et pragmatique, sans idéalisme».

Mais, dans un contexte de développement rapide de l'économie de marché, le PCC doit composer avec des citoyens de plus en plus enclins à éviter les contrôles politiques venant du sommet, voire à les défier ouvertement.

Wen Jiabao et d'autres dirigeants ont promis une accentuation régulière des réformes politiques pour répondre à la montée de ces exigences.


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