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Des choix sociaux, point à la ligne.

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Olivier Pellerin
Envoyé Le mardi 24 avril 2007 12:00



Je ne vois pas pourquoi tout le monde s'énerve devant cette mesure. Ne venez pas me dire que quelqu'un dans la salle est surpris. Aux dernières élections, à peine 30% de l'électorat a voté pour un parti ou un autre ne proposant pas d'augmentation des frais de scolarité. Appeler cela majorité, consensus, ou comme vous le voulez; le Québec a parlé et ma foi il est clair plus que jamais. Courchesne a plus qu'un chèque en blanc pour aller de l'avant!

Une grève à l'automne? Pour dire quoi et à qui! Les deux principaux protagonistes de notre parlement sont en faveur d'une telle mesure, nul besoin de vous annoncer que c'est la démocratie qui passe à l'action. Qu'est-ce que c'était le slogan déjà? "J'ai jamais voté pour ça?". Bien oui.

Décevant non? Il s'agit du choix des québécois pour leur société. Voilà, la santé, entre autres, est plus importante. Je ne suis pas d'accord. Et mes arguments sont meilleurs que les vôtres.
Je me permettrai aussi une indiscrétion. Il y a beaucoup de tabous, de non-dits et ça circule de plus en plus dans les coulisses de l'éducation québécoise. Nos prix se rapprochent des autres moyennes. De plus en plus, la qualité de nos diplômes et notre éducation est mise en doute. Nos infrastructures sont désuètes et les ressources, rares. Beaucoup des meilleurs profs quittent pour des mondes meilleurs. Le raisonnement est le même pour les étudiants et il fait son chemin. L'on apprend rapidement que les systèmes de bourses dans les autres provinces canadiennes et aux États-Unis, plus que jamais, vivent leur âge d'or.
Demandez, en murmurant dans un coin, à n'importe quel membre réaliste du milieu universitaire ce qu'il en est; vous l'aurez le vrai portrait de nos choix sociaux.
En terminant, et parce que le cynisme n'est pas de mon âge, je proposerai cette idée; il existe une génération au Québec qui a largement profité des bienfaits d'un État généreux, surtout en éducation. Vous y avez vécu les plus belles années de votre vie dans des pavillons étincelants, sur des campus intellectuellement euphoriques. C'est là que votre carrière et votre vie sont nées. Pourquoi ne pas faire un don à vos universités et cégeps? Un petit merci comme ça avant de mourir (!). Peut-être pourrons-nous ainsi démarrer chez nous cette culture philanthropique qui donne continuellement à nos concurrents cette longueur d'avance qu'il nous manque.
Bonne journée.

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