Opération censure en Iran

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

AFP
Édition du lundi 23 avril 2007

Mots clés : tchador, mode islamique, Censure, Iran (pays)

Les autorités policières sévissent contre les contrevenantes aux canons de la mode islamique

Téhéran -- Les autorités iraniennes ont lancé une nouvelle campagne contre les femmes contrevenant au code vestimentaire islamique en vigueur dans le pays, a relaté hier la presse nationale.

Les journaux ont publié en une des photos de femmes policiers en tchador noir tançant de jeunes Téhéranaises vêtues d'habits cintrés aux couleurs vives.

«Entre le début de la campagne samedi à 10h et la mi-journée hier, 1347 femmes ont reçu un avertissement», a indiqué à l'AFP Mehdi Ahmadi, chef du service d'information de la police de Téhéran.

Mais 170 ont été interpellées, a-t-il ajouté, «dont 58 ont été relâchées après avoir signé un engagement à modifier leur conduite et après avoir modifié leur tenue». Le cas des autres femmes interpellées «a été transmis aux autorités judiciaires», a-t-il précisé, sans autres détails.

L'agence Fars avait indiqué auparavant que les premières contrevenantes aux canons de la mode islamique étaient averties dans un premier temps, et emmenées dans un centre correctionnel si elles protestaient.

Les autorités lancent rituellement une telle campagne avec l'arrivée des beaux jours, qui poussent un nombre croissant de jeunes citadines à dévoiler une partie de leur chevelure, et à souligner leurs formes avec des vêtements cintrés.

Le code vestimentaire islamique iranien exige de ne découvrir que le visage et les mains. Il est observé par un grand nombre de femmes qui portent le tchador, un long voile noir couvrant le corps de la chevelure jusqu'aux pieds.

Les autorités semblent insister plus sur le caractère incitatif que punitif de leur nouvelle campagne, notamment dans la capitale. La tâche n'en reste pas moins difficile dans une ville comptant plus de sept millions d'habitants et couvrant plusieurs dizaines de kilomètres carrés.

Les campagnes précédentes se sont éteintes d'elle-mêmes après quelques semaines, mais selon M. Ahmadi celle ci «n'a pas de limite».

Les hommes aussi

Une nouveauté est qu'elle est aussi censée s'adresser aux hommes, et particulièrement «à ceux qui portent des vêtements moulants et des coupes de cheveux "à la mode"», a ajouté le porte-parole.

Le port de t-shirts révélant d'éventuels pectoraux, ainsi que des cheveux dressés sur la tête et fixés avec du gel est très en vogue parmi les jeunes hommes de la capitale.

Les conservateurs ont applaudi au lancement de cette campagne, jugée indispensable pour contrer ce qu'ils considèrent comme un grave relâchement des moeurs.

«La situation actuelle est honteuse pour un gouvernement islamique», a dit Mohammad Taghi Rahbar, un membre de ma commission culturelle du parlement, cité par le quotidien Etemad.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com