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La machine médiatique au service du GIEC
Les chercheurs de Météo-France/CNRM, du CERFACS, de l'IPSL et du LGGE se sont associés dans le cadre du projet ESCRIME (Etude des Simulations Climatiques Réalisées par l'IPSL et MEtéo-France) et ont récemment produit un Livre blanc sur l'état des simulations climatiques.
Le chapitre 5 a pour thème : Réponse du cycle hydrologique aux forçages anthropiques : Que nous disent les dernières simulations du GIEC ?. Les auteurs constatent des « divergences importantes entre les modèles », comme en témoigne ce graphique sur les précipitations et l'évaporation au-dessus des continents, hors Antarctique, telles que projetées par les modèles (anomalies en mm/j relatives à la moyenne 1971-2000 pour 1900-2100).
Ils concluent ainsi : Il n'y a donc aucune « robustesse » dans les conclusions actuelles des modèles de circulation globale (GCM). Et moins encore bien sûr des les modèles de circulation régionale (RCM), puisque ces derniers sont couplés aux premiers pour effectuer leurs simulations.
Ce constat est partagé par de nombreuses intercomparaisons modèles/observations parues ces dernières années (on peut consulter à cette page ces différents projets en cours, dont la lecture montre comment les modèles AR4 du GIEC se comportent réellement, hors langue de bois des Résumés aux décideurs). Voici une synthèse de quelques-unes de leurs conclusions récentes.
Analyses globales : de sérieux progrès sont encore attendus
Dai (2006) compare les caractéristiques des précipitations dans 18 modèles couplés de l'AR4 GIEC. Il constate que les modèles ne reproduisent pas de manière réaliste le comportement de la zone de convergence intertropicale, la plus importante pour les échanges énergétiques et hydrologiques de la planète.« Ces résultats montrent que des améliorations considérables dans la simulation des précipitations sont encore nécessaires pour la plus récente génération des modèles climatiques couplés ».
Autre intercomparaison, cette fois sur 20 modèles de l'AR4 et sur les précipitations continentales, menée par Phillips et Gleckler (2006). Ils constatent eux aussi que si les moyennes s'accordent mieux aux statistiques d'observation, « beaucoup de modèles montrent encore des biais systématiques, déviant de manière importante de la variabilité spatiale ou de l'amplitude saisonnière observée ».
Troisième intercomparaison globale, pour 18 modèles de l'AR4 GIEC, en vis-à-vis de données grille à grille provenant des stations météorologiques (Sun et al. 2006). Ses auteurs remarquent que « bien que les modèles examinés soient capables d'estimer correctement le niveau total des précipitations, la plupart d'entre eux sont incapables de reproduire les répartitions spatiales de fréquence et d'intensité ».
Tristes tropiques pour les simulations des modèles
- Kharin et al. (2007) proposent une analyse des changements de température et de précipitations extrêmes des modèles du GIEC. La faiblesse principale est la zone tropicale : « Les divergences très larges des modèles dans les Tropiques suggèrent que certains processus physiques associés avec les précipitations extrêmes ne sont pas bien représentés ». Et ils ajoutent : « Cela réduit la confiance que l'on peut placer dans les changements projetés de précipitations extrêmes ».
Constat identique chez Douville et al. (2006), dans leur analyse de 8 modèles GIEC. Ils observent que « les principales incertitudes proviennent des Tropiques, où même le signe des précipitations zonales moyennes reste incertain ». Les téléconnexion entre l'ENSO (Oscillation australe El Nino) et le rythme des précipitations sont encore mal simulées. Et, conclusion assez désagréable puisque nous sommes censés confier notre avenir aux modèles : « Les incertitudes dans les changements de précipitations, comme les précipitations elles-mêmes, sont encore très inégalement distribuées sur le globe, les pays les plus vulnérables étant parfois ceux où les changements attendus sont les plus incertains ».
COMME ON VOIT, LES HAUT-PARLEURS MÉDIATIQUES N'ONT PAS FINI DE NOUS DÉSINFORMER.
D'ailleurs le principal chercheur dans ce domaine a claqué la porte du GIEC en 2001. Richard Lindzen est un spécialiste de l'atmosphère, titulaire de la chaire Alfred Sloan de météorologie au MIT. Il a démissionné du GIEC en 2001, considérant que les comptes rendus de cet organisme ne reflétaient plus la réalité des connaissances scientifiques, au moins pour sa partie (la validité des modèles océan-atmosphère). Dans une récente tribune du Wall Street Journal (12 avril 2006), il constate l'état de plus en déplorable du débat climatique. Ce spécialiste n'est plus climatologiquement correct depuis sa fracassante démission du GIEC en 2001. Il ne prétend pas sauver la Terre du désastre. Simplement rappeler quelques faits méconnus des dernières années et quelques vérités scientifiques de base.
"Comment un petit degré à peine discernable de réchauffement depuis la fin du XIXe siècle peut-il être ainsi publiquement désigné comme le responsable des récentes catastrophes ?", se demande Lindzen. Il propose une première réponse assez simple : certains y ont grand intérêt. L'alarmisme nourrit le discours des politiques, qui nourrissent en retour les alarmistes. Les fonds fédéraux alloués chaque année à la recherche climatologique aux États-Unis atteignent 1,7 milliard de dollars contre quelques centaines de millions voici 15 ans.
VOILÀ LE CLIMAT EST DEVENU UNE INDUSTRIE RENTABLE POUR CERTAINS
