Réfection de l'église unie St. James: l'entrepreneur est en faillite

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Claude Turcotte
Édition du samedi 21 et du dimanche 22 avril 2007

Mots clés : entrepreneur, église unie St. James, Faillite, Économie, Montréal

Les travaux de restauration ont été entrepris pour remettre en valeur la façade néogothique de l'église unie St. James.

Photo: Pedro Ruiz

L. M. Sauvé 1964 Ltd s'est mis sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers en attendant de sortir de l'impasse d'un déficit de 2,2 millions dans le projet de réfection de l'église unie St. James, située rue Sainte-Catherine à Montréal. Le président de l'entreprise, Paul Sauvé, aura une réunion avec les 275 créanciers concernés les 17 et 18 mai prochains pour leur offrir «une proposition concordataire visant à assurer autant que possible le respect de ses obligations légales et financières».

Toutefois, M. Sauvé dit avoir eu plus tôt cette semaine «une oreille attentive» de la part de quelqu'un de la haute fonction publique au ministère des Affaires municipales à Québec. L'an passé, un porte-parole du ministère de la Culture et des Communications lui avait répondu que ce ministère ne remboursait aucun montant pour les dépassements de coût dans un projet. Au départ, le coût des travaux avait été estimé à 6,1 millions. Le gouvernement du Québec s'engageait à verser une subvention de 3,4 millions, soit 2,6 millions des Affaires municipales et 800 000 $ de la Culture. La Ville de Montréal et l'arrondissement de Ville-Marie allaient verser 400 000 $.

Partage équitable

«Il va de soi qu'un partage équitable et juste des coûts excédentaires avec nos trois partenaires nous permettrait de rétablir notre situation et conséquemment d'en faire profiter nos créanciers», disait hier M. Sauvé par voie de communiqué. Il attribue les coûts excédentaires à des pertes de revenus de location qui devaient être générés dans un immeuble adjacent à l'église et dont celle-ci est propriétaire, à une augmentation des frais bancaires et à d'autres «embûches imprévisibles», comme la découverte de cinq tunnels reliant l'église à l'immeuble adjacent, ce qui a entraîné des dépenses supplémentaires importantes pour compléter les travaux prévus.

Jusqu'à maintenant, le montant excédentaire de 2,2 millions a été entièrement «épongé» par L. M. Sauvé, ce qui a plongé l'entreprise dans une situation financière précaire. Des sous-traitants se sont plaints de n'avoir jamais été payés et se retrouvent également dans une situation financière embarrassante.

Au départ, ce projet avait été lancé en grande pompe par quatre ministres, soit Monique Jérôme-Forget, Line Beauchamp, Jean-Marc Fournier et Jacques Chagnon, qui le présentaient comme un PPP, c'est-à-dire un partenariat public-privé, ce qui n'était pas vraiment le cas, soutient M. Sauvé.

Celui-ci n'a pas donné de détails sur la proposition qu'il entend faire lors de l'assemblée avec les créanciers, mais il dit souhaiter ardemment en arriver à une entente acceptable, parce que L. M. Sauvé n'envisage aucunement de cesser ses activités et désire maintenir intacte sa réputation de «grand maçon», ce qu'il a été depuis la fondation de l'entreprise, il y a 53 ans. Plusieurs travaux sont d'ailleurs en cours présentement.

L'église unie St. James regroupe depuis 1925 les fidèles des Églises méthodiste, presbytérienne et congrégationaliste. Cet immeuble a été classé monument historique en 1980. Cette église avait été inaugurée le 16 juin 1889 et était alors un temple méthodiste. Vers 1920, des difficultés financières ont forcé la communauté à louer l'espace en face de l'église, où des magasins furent érigés, cachant du même coup sa très belle façade néogothique. Les travaux de restauration effectués grâce au contrat donné à L. M. Sauvé lui ont redonné son allure originelle.


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Titre à modifier - par Charles Maurice
Le samedi 21 avril 2007 05:00

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