Le nouveau visage de Beijing

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Benoît Legault
Édition du samedi 21 et du dimanche 22 avril 2007

Mots clés : Vacances, Jeux Olympiques de 2008, Beijing, Chine (République populaire) (Pays)

Poussée par les Olympiques de 2008, la ville se transforme

Plusieurs des sites olympiques de Beijing constituent des prouesses architecturales. Le grand stade des Jeux, le Stade national, est pour sa part connu sous le nom de «nid d'oiseau», car son armature géante a un aspect très caractéristique.

Photo: Agence France-Presse

Beijing imite encore très bien ce que nous nommions toujours Pékin. Des torrents de cyclistes s'écoulent le long des boulevards aux heures de pointe. Des femmes basanées balaient les trottoirs à l'aube. Des hutongs séculaires présentent la vie de quartiers en cubes animés. Et le portrait du président Mao maintient une vigile autoritaire au-dessus de la place Tiananmen. Oui, le Pékin de nos souvenirs encyclopédiques existe encore, mais seulement en îlots prisés des touristes.

Beijing se fait refaire le visage et, au passage, il redéfinit les mégapoles du XXIe siècle. Tenez, par exemple, le nouvel édifice de la China Central Television (CCTV, les 15 canaux de la télé publique chinoise). À trois kilomètres de la place Tiananmen, cet ensemble architectural sera presque aussi grand que le Pentagone. Dès l'an prochain, le tout formera le coeur du nouveau Beijing Central Business District, où les gratte-ciel vont dorénavant pousser comme des champignons.

L'édifice de la CCTV sera composé de deux tours de 45 et 51 étages qui se rejoindront au-dessus du 37e étage et sous le 10e étage. Le tout formera une boucle à angles droits gigantesques; rien de tel n'a jamais été construit. Le défi est d'autant plus grand que la ville se trouve dans une zone propice aux secousses sismiques.

Le coût total prévu du projet est de deux milliards de yuans (308 millions de dollars), une somme qui, selon de nombreux Chinois, aurait pu servir à combler des inégalités sociales. C'est une somme tout de même modeste compte tenu de l'ampleur pharaonique du projet... qui doit coûter 2,4 fois moins cher que le prolongement de cinq kilomètres du métro de Montréal vers Laval (745 millions de dollars). C'est dire à quel point construire coûte moins cher en Chine qu'ici!

L'impulsion architecturale provoquée par les Olympiques a aussi généré la construction du Grand Théâtre national de Chine, de l'architecte français Paul Andreu. Le bâtiment comprendra une salle d'opéra, une salle de concert et deux théâtres sertis dans une coque en titane et en verre abritant l'espace public. Le complexe culturel est conçu comme une «ville de théâtres», une île transparente dans un plan d'eau artificiel entouré d'un nouveau parc urbain. Ce sera le plus grand centre culturel de la Chine. Au coeur de la capitale, cet opéra postmoderne doit symboliser et projeter le dynamisme de la Chine nouvelle.

Il y a dix ans, deux petites lignes de métro longeaient le boulevard Tiananmen et le premier périphérique de la ville. Aujourd'hui, il y a 114 kilomètres de métro répartis sur quatre lignes. En 2008 seulement, 198 nouveaux kilomètres de lignes de métro seront mis en service, y compris des lignes qui se rendront à l'aéroport et sur le grand site olympique. Des centaines de kilomètres de lignes de métro seront inaugurés au cours des années suivantes...

Jadis, les Pékinois se déplaçaient surtout en bus et à vélo. Leur ville n'avait pas les moyens de construire un réseau de métro. Le transport souterrain est aujourd'hui une nécessité, car les rues sont prises d'assaut par les voitures. Heureusement, Beijing peut maintenant se payer un métro digne de sa taille. Oui, le métro est construit trop vite, parfois au péril des travailleurs, mais ça, c'est une autre histoire...

Compétitions et achats de billets en 2007

Plusieurs des sites olympiques constituent des prouesses architecturales. Le Centre aquatique national, aussi nommé «cube d'eau», est une immense structure carrée et bleutée de métal et de verre. Le grand stade des Jeux, le Stade national, est pour sa part connu sous le nom de «nid d'oiseau», car son armature géante a un aspect très caractéristique.

On pourra bientôt voir ces monuments sportifs en action. Du 1er juillet au 16 décembre 2007, 26 compétitions (dont 23 à Beijing) permettront de roder 17 installations olympiques. Les billets pour ces compétitions (des tournois internationaux et des championnats nationaux relevés, sous le thème «Bonne chance Beijing») seront bien plus faciles à obtenir que les billets des Olympiques.

Une trentaine de nouveaux hôtels ont récemment ouvert leurs portes à Pékin. Ils y portent le nombre de chambres à environ 550 000. Les autorités de Pékin ne prévoient pas de pénurie de chambres, mais les tarifs appliqués pour la période olympique ont déjà triplé et les autorités s'attendent à ce que le prix des chambres soit, durant les Jeux, en moyenne cinq fois plus élevé qu'à la normale.

Le grand bond en avant, c'est maintenant

De 1450 à 1950, l'allure générale de Beijing avait à peine changé. En moins de trois générations, la capitale chinoise a fait un bond d'un demi-millénaire et, désormais, son aspect est souvent plus moderne que celui des grandes villes nord-américaines. Les successions d'écrans vidéo géants et d'immenses tableaux électroniques donnent souvent l'impression de mettre le pied dans l'avenir.

Cet avenir demeure fondé sur les principes du sino-passé: ordre, harmonie et feng shui (matrice de longs boulevards qui se croisent à angle droit). Aujourd'hui, les voies surélevées sont construites le plus haut possible pour éviter de déchirer le tissu urbain et sont ornées de fleurs pour donner une chance à la nature d'apaiser la vie moderne.

Les hutongs sont des ruelles formées d'habitations cubiques d'un étage qui donnent sur des espaces communs (comprenant des toilettes communautaires). En 1970, la majorité des Pékinois vivaient dans des hutongs. En 1990, environ la moitié de ces gens habitaient toujours dans ces quartiers traditionnels aux conditions rudes mais conviviaux par leur proximité des écoles, des petits restaurants et des opéras locaux. En 2007, les quelques hutongs qui demeurent sont des musées vivants où les touristes glanent un passé qui a duré mille ans et qui s'est éteint en 30 ans.

Protégée de la masse des hutongs par des murs de 10 mètres de hauteur, la Cité interdite a été la résidence viagère de 24 empereurs de toutes les Chine. Ce quartier clôturé de 72 hectares remonte au début des années 1400. Le plus grand palais de tous les temps (près de 9000 pièces) était le centre d'un empire qui se voulait au milieu du monde. Cette cité, donc, était officiellement le centre du monde.

Hélas, la splendeur impériale tombait en ruine, faute d'argent, et les objets précieux étaient mal présentés aux visiteurs modernes. Tout cela est en train de changer. D'ici 2020, la Cité interdite aura retrouvé son éclat, à temps pour être le digne coeur historique d'une superpuissance économique.

En vrac

- Quatre compagnies aériennes assurent des vols directs du Canada vers la Chine: Air Canada (de Toronto et Vancouver à Pékin et Shanghaï), Air China (de Vancouver à Pékin), China Eastern (de Vancouver à Shanghaï) et Cathay Pacific (de Toronto et Vancouver à Hong Kong).

- Ce site Internet fascinant présente l'architecture chinoise et ses artisans: http://archrecord.construction.com/china.

- L'aérogare en construction permettra de faire passer le nombre de passagers aériens à Beijing de 49 millions en 2006 à 66 millions en 2008.

- Le massage des pieds est devenu un art ludique dans certains établissements cossus comme le Tian Heliangzi Foot Massage de la rue Jianwai, à Beijing (tél: 6507 9285).

- Office national de tourisme de la Chine au Canada: tél: 1 866 599-6636 ou 416 599-6382, tourismchina-ca.com.

Collaborateur du Devoir


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