Présidentielle française - Les candidats jouent leur va-tout
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Paris -- Les candidats jouent leur va-tout à trois jours du premier tour de la présidentielle française en tenant d'ultimes rencontres alors que les sondages paraissent confirmer le scénario d'un duel entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal avec la persistance d'un fort taux d'indécis.
Le candidat de l'UDF, François Bayrou, s'est déplacé sur ses terres, à Pau, et le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, était à Nice, terre d'élection du FN.
Selon un sondage BVA-Orange publié hier dans la presse régionale, Nicolas Sarkozy (29 %) et Ségolène Royal (25 %) distancent François Bayrou, qui perd trois points, à 15 %. Jean-Marie Le Pen baisse d'un point, à 13 %.
«Le fait que 47 % des électeurs choisissant François Bayrou déclarent pouvoir changer d'avis, au lieu de moins de 20 % parmi ceux de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal ou Jean-Marie Le Pen, souligne combien est fragile la position du candidat centriste», analyse Jérôme Sainte-Marie, directeur de BVA-Opinion.
«Les Français doivent se dire une chose très simple: si tous ceux-là sont contre lui, de droite et de gauche, alors c'est qu'il a raison et qu'il va vraiment changer les choses», a affirmé le candidat centriste. Et d'évoquer les candidats de l'UMP et du PS «qui frémissent, qui ont peur, qui tremblent, qui ne supportent pas l'idée qu'une force nouvelle au centre vienne changer le jeu».
Nicolas Sarkozy a renouvelé ses attaques contre François Bayrou, raillant ses «convictions». «Il dit: "Si je suis face à Sarkozy, je rassemblerai la gauche, si je suis face à Ségolène Royal, je rassemblerai la droite": en voilà un homme de convictions!», a-t-il lancé sur RMC-Info. «Il a raison d'y croire parce que s'il n'y croit pas, lui, qui est-ce qui y croira?»
Au lendemain du meeting monstre de François Bayrou à Bercy, Xavier Bertrand, porte-parole du candidat de l'UMP, a accentué la charge en dénonçant «l'homme aux deux visages», «l'homme des grands discours à Bercy et des petites combines au restaurant avec Michel Rocard».
Dans cette dernière salve d'invectives, Ségolène Royal réserve ses flèches au candidat de l'UMP, porteur à ses yeux d'un «risque de fracture républicaine». «Pourquoi tolère-t-on de ce candidat UMP qu'il dérape de façon aussi scandaleuse?», s'est-elle interrogée sur RTL.
«Si c'était moi qui avais fait ce genre d'accumulation de déclarations, de contre-vérités, de provocations, de théories sur le génétique, je pense que je ne serais même plus candidate à l'élection présidentielle», a-t-elle dit.
Déterminé à franchir le premier tour en tête, Nicolas Sarkozy a lancé hier l'opération «72 heures pour gagner» -- cinq millions de tracts, 125 000 ballons, 100 000 bracelets -- pour rallier les indécis.
La campagne officielle se clôt à minuit ce soir.

