Le débat sur les armes à feu reste sensible

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PC
Édition du mercredi 18 avril 2007

Mots clés : Contrôle des armes à feu, Virginia Tech, armes à feu, Arme à feu et arme offensive, États-Unis (pays), Canada (Pays)

Washington et Ottawa -- Au lendemain de la fusillade qui a fait 33 morts sur un campus de Virginie, les défenseurs du contrôle des armes aux États-Unis espéraient hier que ce drame relancerait le débat sur le port des armes dans le pays tout en reconnaissant qu'il avait une fois encore peu de chances d'aboutir.

«C'est difficile à vendre», résumait la représentante démocrate Carolyn McCarthy, une des plus ardentes avocates à la Chambre des représentants de l'adoption d'une loi réglementant le port d'armes. Mme McCarthy a été élue au Congrès sur la base de propositions sur ce thème en 1996.

La question du contrôle des armes demeure extrêmement sensible et divise depuis des décennies le pays, où 40 % des ménages possèdent une arme. Le sujet revient régulièrement sur le tapis, mais il donne plus rarement lieu à des décisions, comme le Gun Control Act voté en 1968 après les meurtres du leader des droits civiques Martin Luther King et du sénateur Robert Kennedy.

En 1999, après le massacre du lycée de Columbine, qui avait fait 15 morts, les parlementaires avaient en vain proposé des projets de loi demandant la mise en place de systèmes de sécurité pour les enfants sur les nouvelles armes de point, l'interdiction des revolvers bas de gamme et de petits calibres, l'élévation de l'âge minimum requis pour l'achat d'armes et la mise en place d'un système de suivi des antécédents des acheteurs potentiels.

Un mois après Columbine, le vice-président de l'époque, Al Gore, avait fait pencher la balance au Sénat en faveur d'une loi sur le crime juvénile introduisant un contrôle des armes. Mais le texte avait finalement été abandonné après une année de négociations à la Chambre, où les pro-armes étaient alors majoritaires.

Le port d'armes, garanti par le Deuxième Amendement de la Constitution américaine, était devenu un enjeu de la campagne présidentielle de 2000. Pour beaucoup d'analystes politiques, Al Gore -- favorable au contrôle et pris pour cible par la puissante National Rifle Association (NRA)-- avait perdu le scrutin en s'attirant l'animosité de nombreux électeurs des États ruraux pour qui le port d'armes est un droit inaliénable.

Face à la difficulté de la tâche, les défenseurs du contrôle des armes ne s'avouent pas pour autant vaincus. Ainsi, la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, qui avait proposé en 1994 l'interdiction fédérale de port d'armes d'assaut levée par le Congrès en 2004, a-t-elle estimé hier que la tragédie de la Virginie allait «relancer l'effort dormant pour adopter une régulation des armes sensée dans ce pays». Mais, même avec un Congrès aujourd'hui contrôlé par les démocrates, le débat s'annonce difficile, plusieurs d'entre eux étant des élus d'États ruraux partisans du statu quo.

Le Canada plus enclin

La question du contrôle des armes à feu a aussi été soulevée à la Chambre des communes hier. Déclarant qu'il est «toujours dangereux de renforcer un débat au moment où un drame se produit», le chef libéral Stéphane Dion a réitéré la position de son parti en faveur d'un contrôle de ce type -- alors que le gouvernement conservateur voudrait abolir le registre de contrôle pour les armes de chasse.

«Il est important que le registre des armes à feu fonctionne au Canada, a fait valoir M. Dion. Les experts le disent, la plupart des corps policiers le demandent et, quand on compare le taux de criminalité américain et canadien, le plus grand écart est lié aux crimes commis avec des armes», a-t-il rappelé.

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D'après l'AFP, l'AP et la Presse canadienne


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