Commission d'enquête sur l'effondrement du viaduc de la Concorde - La commission s'attaque à la surveillance du chantier de construction
Mots clés : viaduc de la Concorde, Commission d'enquête, Laval (région), Québec (province)
La Commission d'enquête sur le viaduc de la Concorde s'est longuement attardée à la surveillance des travaux de construction du viaduc, hier, lors de la reprise de ses audiences publiques pour une deuxième semaine.
Il ressort de cette quatrième journée d'audiences publiques une certaine confusion ou, du moins, des explications fort complexes sur les rôles et responsabilités de chacun.
Cette confusion a d'ailleurs rendu impatient le procureur en chef de la commission, Michel Décary, qui a dû, par exemple, insister auprès du témoin Claude Roberge, ingénieur, pour obtenir une réponse simple à sa question, par un oui ou par un non. «M. Roberge, avez-vous discuté de votre témoignage avec d'autres personnes de Desjardins-Sauriol avant de témoigner ce matin?», lui a-t-il demandé, ce à quoi M. Roberge a répondu par la négative.
De même, le président de la commission, Pierre Marc Johnson, a posé plusieurs questions, demandant par exemple qu'on lui dise en quoi devait consister la surveillance, dans ce contexte. Il s'est aussi assuré, par ses questions, que la coulée du béton du viaduc, par exemple, ne devait pas se produire sans qu'un ingénieur ait vérifié que l'armature respectait les plans et devis.
La semaine dernière, on a pu voir qu'une barre supérieure de l'armature de la console, plutôt que d'être droite et parallèle au tablier, était plutôt inclinée vers le bas. Or une importante fissure dans la culée a suivi l'inclinaison de cette barre.
Les documents déposés indiquent également que la qualité des matériaux utilisés «devra être approuvée par l'ingénieur» et que tous ces ouvrages «devront être exécutés avec soin par l'entrepreneur, et ce à la satisfaction de l'ingénieur».
On a aussi appris que Laboratoires Ville-Marie vérifiait la qualité des matériaux à la demande de Desjardins-Sauriol. Or Desjardins-Sauriol était actionnaire des Laboratoires Ville-Marie.
L'ingénieur René Therrien, de son côté, a admis qu'une structure telle que celle du viaduc de la Concorde était relativement nouvelle à l'époque.
«Est-ce que quelqu'un, chez Desjardins-Sauriol, entre autres dans le département de structures, faisait des recherches pour voir l'expérience ailleurs, avec des structures similaires, pour voir si on signalait des problèmes?», lui a demandé Me Décary.
«C'était à peu près nouveau pour moi. Moi, j'ai fini en 1956 et il n'y avait pas beaucoup de... Quand on a commencé à faire des viaducs, on cherchait les revues et toutes sortes de choses pour voir ce qui avait été fait, pour voir si c'était complexe ou non complexe», a relaté l'ingénieur Therrien.
Le directeur des structures au ministère des Transports du Québec, Guy Richard, a témoigné, la semaine dernière, du fait que ce modèle de viaduc est particulièrement complexe à inspecter et à entretenir, notamment parce qu'il est difficile de voir à l'intérieur de la structure.

