Équateur - La victoire au référendum renforce les pouvoirs de Correa

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AFP
Édition du mardi 17 avril 2007

Mots clés : Rafael Correa, Référendum, Équateur (pays)

Photo: Agence Reuters

Quito -- L'imposante victoire du président de l'Équateur, Rafael Correa, au référendum de dimanche ouvre la voie à son projet de réforme constitutionnelle, destinée à renforcer le pouvoir de l'État sur l'économie, notamment dans le secteur pétrolier.

Après dépouillement de 69,5 % des suffrages exprimés, le oui a recueilli 81,5 %, contre 12,7 % pour le non promu par l'opposition, a précisé le Tribunal suprême électoral (TSE) hier après-midi.

La presse équatorienne estimait unanimement hier que les résultats de ce scrutin constituaient une très lourde défaite pour les partis de droite et renforçaient le pouvoir jusqu'à présent fragile de M. Correa dans ce petit pays andin de 13,5 millions d'habitants, qui a connu huit présidents en onze ans.

L'éditorialiste du quotidien El Commercio (droite) affirme que le succès du oui au référendum permettra au président Correa «d'enterrer les partis politiques traditionnels [de droite] et de leur retirer le pouvoir qu'ils exercent au Congrès, dans la justice et dans les autres organismes de l'État».

Simon Pachano, enseignant de l'Université latino-américaine des sciences sociales et éditorialiste du journal El Universo (libéral) écrit pour sa part: «la droite est affaiblie mais le gouvernement, fort de sa victoire, n'a pas l'intention de rechercher un consensus pour la création de la Constituante».

La convocation d'une Assemblée constituante devrait permettre au chef de l'État de proposer une réforme pour diminuer le champ d'activité du Congrès, actuellement dominé par l'opposition de droite, qui devrait être réduit à l'avenir à un organisme de contrôle du pouvoir exécutif et ne pourra plus légiférer comme dans le passé.

Rafael Correa, 44 ans, a répété dimanche soir qu'il était favorable à un changement de modèle économique où dorénavant «l'État planifie, régule et assure la promotion de l'économie sans nationaliser les moyens de production».

L'Équateur, 5e producteur de pétrole en Amérique du Sud avec 536 000 barils par jour en 2006, envisage aujourd'hui de réduire ses exportations de brut et d'appliquer une politique énergétique différente dans le cadre de la nouvelle constitution. Le ministre de l'Économie Ricardo Patino avait expliqué avant le scrutin que la future constitution préciserait certaines règles fondamentales, notamment le fait de ne pas utiliser la manne pétrolière pour les dépenses courantes de l'État mais comme des investissements productifs. L'Équateur cherchera également à conclure des accords d'investissement avec des partenaires comme le Brésil, le Chili, le Venezuela et la Chine, a précisé le ministre, évoquant les immenses gisements inexploités de l'Amazonie recelant des réserves d'un milliard de barils.


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