La présidentielle française - Royal se bat pour assurer sa place au second tour
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Paris -- À moins d'une semaine du premier tour de l'élection présidentielle française, la socialiste Ségolène Royal cherche à assurer sa place en finale face au favori à droite, Nicolas Sarkozy, en repoussant à ce stade toute idée d'alliance avec le centriste François Bayrou.
Elle a appelé les Français à voter pour «une alternance d'une aussi grande ampleur» qu'en mai 1981, date de l'élection de François Mitterrand, premier président socialiste après 23 ans de pouvoir de la droite.
Auparavant, le chef du Parti socialiste, François Hollande, compagnon de Mme Royal, avait laissé percer l'inquiétude en concédant qu'il n'avait pas la certitude de sa présence au second tour. Il a appelé les électeurs à ne pas se disperser et à ne pas hésiter, évoquant les 35 % d'électeurs au moins qui ne sont pas certains de leur vote, et le risque d'une dispersion des suffrages, surtout en faveur du centriste François Bayrou.
Deux personnalités socialistes -- l'ancien premier ministre Michel Rocard et les ex-ministres Bernard Kouchner et Claude Allègre -- ont semé le trouble ces derniers jours en appelant de leurs voeux une alliance avec le centriste, seule capable, selon eux, de barrer la route à M. Sarkozy.
Mais Mme Royal a coupé court. Pour elle, il n'y avait rien à négocier et aucun compromis à passer avec M. Bayrou, qu'elle a clairement situé à droite au côté de M. Sarkozy.
Elle a reçu le soutien de l'ancien premier ministre socialiste Lionel Jospin, jusqu'ici très discret dans la campagne, qui a estimé que l'idée d'alliance n'était ni opportune ni pertinente, créait de la confusion, et servait Bayrou qui n'a en rien rompu avec la droite.
Mme Royal a appelé «la gauche, mais aussi tous les électeurs républicains épris de justice et de paix sociale à se mobiliser autour de [sa] candidature dès le premier tour, afin que cette élection ne soit pas, comme en 2002, un coup pour rien».
Au premier tour de la précédente élection présidentielle, Lionel Jospin avait été éliminé à la surprise générale au premier tour par le candidat d'extrême droite Jean-Marie Le Pen, finalement battu par Jacques Chirac. M. Le Pen est aujourd'hui quatrième dans les sondages avec 12 à 15 % des intentions de vote.
Le candidat centriste a affiché sa volonté hier d'incarner lui-même «dimanche prochain le vote utile» contre le favori de droite. Et il a refusé d'envisager une alliance avant le premier tour. Il a promis la création après la présidentielle d'un parti démocrate qu'il a qualifié de chaînon manquant en France et en Europe.
Quant à M. Sarkozy, il a rejeté les accusations de ses rivaux de flirter avec l'extrême droite.
Et à ceux qui disent de lui qu'il fait peur, il a affirmé hier soir que pour lui c'était bon signe. «C'est peut-être le favori qu'on désigne comme ça parce qu'on n'a pas autre chose à dire», a-t-il dit citant les exemples de François Mitterrand, de Jacques Chirac et du général de Gaulle.
Il avait auparavant choisi de faire une visite symbolique sur la tombe du général de Gaulle, chef de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, et président de la Ve République (1958-1969), à Colombey-les-deux-Églises.
M. Sarkozy a souligné qu'il voulait lui aussi se mettre au service de l'intérêt général et «parler à tous les Français au moment où il y a tant de déclarations, de tentatives d'alliance de partis, de boutiques»

