L'intégration de l'art et de la technologie
Mots clés : technologie, art, Culture, Université, Montréal
New York. Octobre 1966. John Cage, Yvonne Rainer, Lucinda Childs, Steve Paxton, Robert Rauschenberg, Les Levine, Robert Whitman... Sous l'égide d'un ingénieur de Bell et spécialiste des lasers, Billy Klüver, ces artistes et quelques autres participent à neuf soirées de performances.
9 EVENINGS RECONSIDERED: ART, THEATRE AND ENGINEERING 1966
Galerie Leonard & Bina Ellen
Université Concordia
Jusqu'au 21 avril
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Scellant l'alliage de la danse, de la musique, du théâtre, des arts plastiques et de la technologie, ces manifestations historiques ont lieu dans la même salle que le célèbre Armory Show de 1913, qui vit l'art moderne débarquer aux États-Unis. L'exposition retrace et documente ces neufs soirées-spectacles. Celles-ci comportaient des danses contemporaines et des «mises en situation» proches du happening. Dans certaines des pièces imaginées par Yvonne Rainer ou Alex Hay, les acteurs-spectateurs pouvaient entendre les émissions sonores amplifiées de leurs corps: pulsations, battements de coeur, rythmes respiratoires. Ils ont pu aussi expérimenter des effets visuels proches de l'holographie, communiquer par ultrasons ou assister aux étranges matchs de tennis techno de Rauschenberg. Peu de temps après, l'ingénieur Billy Klüver (1927-2004), avec l'aide de Rauschenberg et de l'artiste Robert Whitman, fonde EAT (Experiment in Art and Technology). Cette association destinée à encourager l'intégration de la technologie et des sciences au langage artistique contemporain deviendra aussi célèbre. Précurseur, Klüver croyait que grâce à l'art la technologie pouvait s'orienter «vers le jeu et le plaisir». Également biographe du fameux modèle Kiki de Montparnasse, Klüver, peu avant sa mort, reçut en France la Légion d'honneur.
FONDER UNE FAMILLE
Geneviève Rocher
Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce
Jusqu'au 30 avril
Papiers en tous genres et les plus divers: papier de riz, feuilles découpées à la Matisse, papier fait main ou calques, s'allient à des extraits collés du Monde diplomatique. Ces fragments se répondent comme aiguillonnés. Une progression linéaire les fait se déployer et se propulser comme mus par des caractéristiques formelles communes. Ce «jeu des familles» court tout au long de l'espace d'exposition avec légèreté et épouse les murs en L. Geneviève Rocher, à sa façon, contextualise une immense bannière qui se «feuillette» au fur et à mesure de la déambulation du spectateur.
Risa Hatayama
Jennifer Stillwel
Fonderie Darling
Jusqu'au 27 mai
Entre les écrans disséminés autour de la pièce et une installation sonore ambiante, un souffle immatériel parcourt des images d'une cage à oiseau, d'un torse, d'une partition de musique ou de corolles de magnolias. À coté, dans la grande salle, l'installation de Jennifer Stillwell explore le monde du chantier en autant de gravillons interposés. Veillés par des câbles métalliques, les cailloux s'entassent dans des petites cases ou composent d'étranges plates-bandes.
ENTRÉE EN MATIÈRE- BRODERIE D'ART
Jeanne Bellavance
Musée du costume et du textile du Québec
Jusqu'au 10 juin
Haro, comme chez Jennifer Stillwell, sur la présentation qui plonge le visiteur dans le noir. Il apparaît toutefois ici que broder n'a rien d'un genre mineur. Jeanne Bellavance fait de ces entrelacs somptueux une expression polysémique et décoiffante.
Nicolas Ruel
Galerie Orange
Jusqu'au 25 avril
Sous vernis, ces photos de grands formats sont fixées sur un support d'acier inoxydable. Citernes, nuages, cristaux, vues urbaines, rappels des éléments (terre, eau, feu), les sujets s'y associent comme dans un miroitement.
Elisabeth McIntosh
Parisian Laundry
Jusqu'au 28 avril
Peintre, Elizabeth McIntosh adopte le motif en losange du manteau d'Arlequin. On songe aux fresques de Sol Lewit.
Le propos de ses toiles se concentre sur l'articulation des aires colorées en losanges et en triangles où prédominent les gris, les noirs. Les motifs s'enchevêtrent en patchwork. Ils forment des réseaux. Ils creusent la surface. Ils suggèrent d'illusoires reliefs, parfois des échappées.
Collaborateur du Devoir
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L'intégration de l'art (...) FONDER UNE FAMILLE - par Luk Côté (lukcote@ville.montreal.qc.ca)
Le mardi 17 avril 2007 17:00

