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L'histoire se répète sans en tirer de leçons

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Pierre Castonguay (p.castonguay@videotron.ca)
Envoyé Le mardi 10 avril 2007 11:00



À Vimy, le gain réel stratégique fut très faible en échange de la vie de 3598 des nôtres. 3598 familles canadiennes ravagées par la mort d'un père ou d'un fils pour une avancée symbolique. Pourtant à Vimy, l'enjeu était bien réel : il fallait stopper l'Allemagne et l'histoire (puisqu'elle ne sert malheureusement jamais de leçon aux hommes) a dû se répéter en 1939-1945.

M. Harper, se sent soudainement en Terre d'accueil dans ce cimetière militaire (il ferme les yeux et se sent entouré par nos aïeux) alors que dans la perspective d'une visite antérieure en France il avait confié à la Reine Élisabeth, son inconfort à aller y mettre le pied.

Ce qui est malsain et dangereux chez Harper comme chez Bush, c'est cette faculté à se sentir si bien dans les cimetières de nos citoyens du temps jadis envoyés se faire tuer pour la noble cause.

En marchant sur le corps gazonné de 3598 cadavres canadiens M. Harper se sont ennobli, détenteur comme George W. Bush du flambeau du juste combat pour la liberté du système démocratique.

L'analyse des propos de Harper à Vimy éclaire l'histoire actuelle d'une manière moins poétique et plus pernicieusement pervertie lorsque ce dernier voit l'utilité des morts de Vimy dans le fait de : «permettre au Canada, ... d'occuper sa place sur la scène internationale au titre de fière nation souveraine, forte et libre»... «Si nous fermons les yeux, nous pouvons les voir, vêtus de leur uniforme kaki et olive, le fusil posé sur l'épaule».
C'est à ce moment et au prix du sang des jeunes soldats que M. Harper touche à la frileuse guirlande de dentelle de la poésie mystique de son âme torry. Il mande nos militaires à l'abattoir comme on ferre un cheval à Calgary et comme on écorne un boeuf de l'ouest pour s'en faire un porte manteau à la ferme de la banlieu de Saskatoon pour s'en faire un trophée.

La guerre d'Irak que cautionne Bush et Harper n'avait que des enjeux monétaires et a mené à la boucherie des centaines de milliers de civiles (pères, mères et enfants, grands parents). Je me demande dans l'esprit vicieusement tordu de ces conservateurs-républicains de droite, ce qu'il peuvent bien apercevoir lorsqu'ils ferment les yeux comme ils le font sur tant de souffrances. Ces foules ensanglantées et frileuses dans les derniers spasmes de la mort, dans les derniers refoulements artériels de sang giclé à partir d'une fracture ouverte. Les voient-ils...

Voient-ils réellement les corps des 51 canadiens envoyés en Afghanistan suite à l'invasion-réprimande de George W. Bush après 911 qui a mené à la mort de cinq fois le nombre de victimes tombées au WTC. Des victimes civiles innocentes sans oublier les victimes des effets collatéraux comme ce garçon de dix ans assis sur la tombe de son Papa, seul survivant de sa famille qui pleurait en serrant sur son coeur le pantalon de son père : dernier vestige d'une famille pulvérisée par la vengeance de Bush.

Voient-ils les intestins éclatés, les rates entrouvertes, les mares de sang de nos jeunes pères de famille parti en chasse aux Talibans ces ex alliés de Bush tombés en disgrâce. Voient-ils dans cette guerre injustifiée à soutenir un régime de vendeurs de drogues et de princes de guerre, quelque lumière susceptible de justifier de «permettre au Canada, ... d'occuper sa place sur la scène internationale au titre de fière nation souveraine, forte et libre».

La position de Harper à Vimy tiens de la perversion intellectuelle et renforce son sentiment de justification de son intervention Afghane ou les ennemis Allemands de jàdis ont cédé le pas à des objectifs non avoués de faire tourner l'économie du marché de l'armement face aux pertes monétaires encourues suite à l'intrusion néo libérale de la Chine sur le marché nord américain et mondial.

6 des nôtres sont encore morts hier pour faire tourner l'économie de l'armement et continuer à justifier l'intrusion de Bush en Afghanistan par la caution morale de la présence canadienne à ses côtés.

Or la perspective de savoir qu'un autre clone de Stephen Harper ira dans soixante ans sur le terrain d'un cénotaphe à l'honneur de nos morts en Afghanistan dire : «Si nous fermons les yeux, nous pouvons les voir, vêtus de leur uniforme kaki et olive, le fusil posé sur l'épaule», n'a rien pour nous rassurer et consoler ces pertes inutiles.

Tout au plus nous pensons aux sommes faramineuses payées par le trésor canadien pour loger, transporter, sécuriser et faire manger l'équipe Harper et tout l'État major de l'équipe militaire canadienne à ce qui s'apparente malheureusement beaucoup plus à la plus récente version diplomatique d'un dîner de cons en sol français qu'ç une victoire des valeurs de la paix mondiale et de l'équité.

Pierre Castonguay
Laval

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