En mémoire de ceux tombés à Vimy
Mots clés : Stephen Harper, Elizabeth II, Vimy, Forces armées, France (pays), Canada (Pays)
Elizabeth II et Stephen Harper inaugurent le monument aux soldats canadiens

Photo: Agence Reuters
«Leur victoire fit davantage que de donner l'espoir. Elle permit au Canada, qui le méritait tant, d'occuper sa place sur la scène internationale au titre de fière nation souveraine, forte et libre», a quant à elle soutenu la reine Elizabeth II. De son côté, le premier ministre français Dominique de Villepin a remercié le Canada pour son sacrifice en 1917. «Sur cette terre d'Artois qui a tant souffert, et où nos alliés ont été nos libérateurs, la France dit merci au Canada», a-t-il fait valoir.
Le monument, érigé en France en 1936, témoigne de la bataille où 3598 soldats canadiens ont été tués entre le 9 et le 12 avril 1917, alors que 7104 autres étaient blessés. L'imposante oeuvre comprend 20 personnages symboliques associés à la guerre, intégrés à un socle massif en pierre large de 75 mètres surmonté de deux immenses piliers hauts de dix étages représentant le Canada et la France. Au-delà de la bataille de Vimy, le monument rend hommage aux 66 000 Canadiens morts pendant la Grande Guerre.
Au cours d'une autre cérémonie tenue à Ottawa, la gouverneure générale Michaëlle Jean a surtout salué le «courage extraordinaire» des soldats d'hier et d'aujourd'hui, insistant pour dire que les militaires qui se battent en Afghanistan sont les héritiers directs de ceux qui ont participé à la prise de la crête de Vimy.
La crête maudite
La victoire canadienne à Vimy, obtenue après seulement quatre jours de combats et avec des pertes «relativement» faibles, est en effet un exploit militaire. Prise par les Allemands en octobre 1914, cette crête est en fait une colline dotée d'une faible dénivellation, mais qui permet d'obtenir un bon point de vue sur l'ennemi. Les défenses érigées par les Allemands témoignent de l'importance de la position. Ils en font une véritable forteresse, parsemée de nids de mitrailleuses en béton, piquée de kilomètres de fils barbelés et en plein dans le viseur de plusieurs artilleurs allemands.
Au cours d'assauts successifs quasiment suicidaires, Français et Britanniques y ont perdu pas moins de 150 000 hommes. Plusieurs stratèges de l'époque craignaient d'ailleurs qu'un autre assaut de la crête soit vain. Sous les ordres du général George Byng, l'opération est donc préparée avec beaucoup plus de soin que les précédentes.
L'historien Carl Bouchard, spécialiste de la Première Guerre mondiale, rappelle d'ailleurs que cette bataille a été «bien préparée», en tirant des leçons de la boucherie de la bataille de la Somme (plus d'un million de morts dans les deux camps) quelques mois plus tôt. On a par exemple coordonné plus efficacement l'artillerie et l'infanterie pour percer les défenses ennemies.
M. Bouchard estime toutefois que si cette victoire revêt une grande valeur symbolique pour le Canada, elle a été «à peu près inutile». «Les troupes n'ont pas été renforcées par la suite. La percée canadienne n'a donc pas mené à un grand changement sur le terrain», souligne-t-il. Spécialiste de l'histoire militaire du Canada, Roch Legault explique d'ailleurs que la conquête de Vimy, partie prenante de la bataille d'Arras, servait surtout de «diversion» afin de «permettre une autre offensive franco-britannique, offensive qui a échoué».
Andrew Barros, professeur d'histoire à l'UQAM, précise pour sa part que les succès obtenus à Vimy ont néanmoins permis de redonner un certain espoir en la victoire finale. Elle est selon lui intervenue «au moment le plus sombre de la guerre», alors que des mutineries essaimaient dans les rangs de l'armée française. M. Legault ajoute que la presse avait alors fait grand cas de cette victoire, d'autant plus qu'on avait «besoin d'exemples de succès», alors que la guerre s'éternisait et que les soldats pataugeaient dans la boue des tranchées.
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Avec la Presse canadienne
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