Vos réactions
Trop de pétrole, de charbon et d'hydrate de méthane
suffisamment d'attentions.
Autour des énergies carbones, nous nous sommes bâti un confort démesuré fait pour s'isoler les uns des autres, à domicile et pour lequel nous votons isolément tous les 4 ou 5 ans. On rève et projette ce mode de vie partout, le valorisant et l'exprimant à l'extrême dans nos lieux de vacances, même si ces caricatures de confort détonne de l'environnement local des pays où nous allons. On se rend ainsi insensible aux formes locales d'habiter le lieu, tout en ayant perdu l'aptitude d'habiter pleinement le nôtre.
Bien sûr il y aura la fin du pétrole...trop tard...d'ici-là il y en a trop et trop peu cher. Si notre survie eat à l'ordre du jour, vite, il faut en augmenter le coût, annoncer dès maintenant et au bénéfice public que le prix sera disons de 30 cents de plus le litre dans 6 mois, de 60 cents de plus dans un an et autour de 3 ou 4 dollars le litre dans 5, 6 ou 7 ans. L'automobile personnelle doit devenir un mauvais achat pour le plus grand nombre. Il faut que le parc automobile évolue vers le bas, de même que chacun doit limiter immédiatement et fortement l'utilisation des voitures qu'il a devant sa maison.
Plus que tout il faut inscrire ces évolutions dans une nouvelle dose de démocratie, participative et délibérative.
Faisons l'hypothèse quelque peu incongrue et historiquement prémonitoire qu'une institution délibérative tel le B.A.P.E., (Bureau d'audiences publiques sur l'environnement) ait pu trouver le chemin de son existence dès le début du 20ème siècle.
Sachant comme aujourd'hui qu'environ 40% de l'effet de serre redevable à l'homme provient de ses transports (autos, camions, avions), comment aurions-nous délibérer devant le projet publiquement et publicitairement soutenu par M. Henry Ford de faire de l'automomobile à essence le bien de chaque ménage, voire de chaque individu adulte. Qu'il invite ainsi à la construction d'une vaste et surtout toujours plus complexe infrastructure routière qu'il faudra continuellement entretenir et avec laquelle il faudra arbitrer le choix de différentes politiques publiques (éducation, santé, environnment, etc). Son projet aurait-il passer la rampe ? J'en doute fortement.
Nous aurions régler nos problèmes de mobilité différemment à même les évolutions techniques devenues disponibles et démocratiquement (non par seul marchéisme) introduites.
Reconnaissons en outre que le vélo demeure encore aujourd'hui imbattable sur le plan du rendement énergétique. Le moyen de transport le plus modeste est quelquefois celui qui recèle le plus grand progrès. On m'objectera, avec raison, qu'il peut y avoir d'autres critères du progrès. Dorénavant, il faut les évaluer et les définir tous ensemble. C'est la meilleure façon de se donner une idée partagée des limites adéquates et d'y tenir individuellement parce que nous nous serons engagés dans les débats.
Que seraient nos villes aujourd'hui sans la libre place de produire et de vendre laisser à M. Ford ? Ce sont en bonne mesure celles-là qu'il nous faut dès maintenant commencer à faire.
Il n'est pas exclus que nous devions, comme le Venezuela, nationaliser le pétrole pour en redistribuer les bénéfices dans d'autres politiques. Je n'insiste pas sur cette position à débattre, car tout dépend de ce que les pétrolières seront amenées et accepteront de céder. Il faut que ce soit beaucoup.
J'espère que le lecteur aura saisi dans mon propos que l'environnementalisme s'organise à la démocratie, aux formes de celle-ci que l'on n'a pas assez...délibérative en son noyau, participative dans sa distribution, pour que s'en trouve partagé au plus près de chacun, tous les effets (cognitifs) d'une meilleure objectivation du réel.
Plus que dans les cas des famines, des guerres, des abus des politiques économiques mondiales passés, les populations des pays riches ne pourront se sortir économiquement, socialement mais peut-être surtout psychologiquement indemmes de leur choix du confort. Légitimement, les millions de réfugiés du climat feront s'abolir ou se perméabiliser bien des frontières. Ils auront bien des raisons de prétendre que chez-nous, si chez-nous est encore un endroit agréable à vivre, puisse devenir chez-eux, réclamant des accommodements raisonnables et aggravant potentiellement la pression sur les écosystèmes si notre mode de vie à énergie fossile est demeurer le même.
S'il doit y avoir un super-virage technologique comme le recommande Bernard Landry dans la livraison d'avril de la revue Actualité , il doit se faire dans un tel nouveau cadre institutionnel démocratique, sans s'accorder par avance aux visées de M. Landry, c'est-à-dire sur l'endroit où cela doit socialement et techniquement nous mener.
Et si c'était cette différence démocratique, éventuellement non imitée ailleurs au Canada qui devait mener le Québec vers le choix de son indépendance. Sans hésiter, je préfère que l'on nous suive.
Alain Vézina
Brossard
