Vos réactions

Cour suprême, Charte et suprématie de Dieu

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Raymond Saint-Arnaud
Envoyé Le samedi 07 avril 2007 10:00



Les juges de la Cour suprême auront bien un jour ou l'autre à se dépêtrer avec cette anomalie : la « suprématie de Dieu » est mise en exergue dans la Charte canadienne des droits et libertés. On peut se demander qu'est-ce que la suprématie de Dieu vient faire dans la Charte. En fait, qu'est-ce que cela signifie au juste la "suprématie de Dieu"? La "suprématie de Dieu" sur qui et sur quoi? Une autre phrase creuse, ou la porte ouverte à tous les abus?

L'intégrisme, le dogmatisme et l'obscurantisme ne sont pas loin quand on met en exergue la suprématie de Dieu. Beaucoup de religions font de la suprématie de Dieu la base de leur argumentaire. Ainsi, dans l'Islam, le principal message du Coran est l'absolue suprématie de Dieu, qui doit se manifester non seulement dans la vie privée ou individuelle mais aussi dans la vie de la collectivité. Dans la religion juive traditionnelle, il y a cette volonté de sacraliser jusqu'aux actions quotidiennes les plus banales et souligner sans cesse l'absolue suprématie de Dieu. Et dans le christianisme, on se souvient du « Dieu le veut ! » qui autorisait (et même commandait) tout. Cet argumentaire de la suprématie de Dieu a conduit à beaucoup de dérapages dans l'Histoire.

À quand une révision de la Charte pour éliminer cet anachronisme et affirmer la laïcité de l'État?

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com