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Le divorce à l'amiable, comme solution.

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Georges Paquet (georgespaquet@sympatico.ca)
Envoyé Le samedi 07 avril 2007 07:00



Pour connaître les vraies réponses des Québécois, il faut leur poser les vraies questions.

Pour arriver à résoudre le dilemme qui tiraille le PQ depuis ses origines, il faudrait que les deux options que René Lévesque et ses successeurs ont tenté de marier et qui se sont montrées insolubles dans ce parti, se séparent dans un divorce, si possible à l'amiable.

Je n'apprendrai rien à personne en notant que les partisans du Mouvement souveraineté-association n'ont pas longtemps été d'accord avec les membres du Rassemblement pour l'Indépendance nationale que le nouveau chef du PQ tentait de réconcilier. Pour les uns il fallait développer un programme de gouvernement en attendant que les circonstances favorables permettent de consulter les citoyens sur l'option souverainiste. Pour les autres, il fallait promouvoir d'abord l'idée de l'indépendance en proposant aux électeurs des motifs pour soutenir cette thèse et en proposant, lors d'une élection générale, une option claire et une démarche précise dans cette direction. Cette dichotomie a constitué quelque fois une dynamique, quelquefois un frein dans l'évolution du PQ, mais toujours un cauchemar pour ses chefs et une énigme pour les électeurs. Il a fallu pour tous, tenter de résoudre la quadrature du cercle, car pour certains sinon pour une grande majorité, souveraineté et indépendance ne veulent pas dire et ne sont pas la même chose. La souveraineté ça se négocie, tandis que l'indépendance ça se décide. Le PQ, issu de cette tentative de mariage de raison, n'a pas su et n'a pas pu résoudre cette énigme. C'est ce qui a fait dire à plusieurs intellectuels, à des journalistes et même au chef de l'Opposition officielle, Mario Dumont, qu'on pouvait voter oui au référendum de 1995, que chacun croyait centré sur l'indépendance nationale, et ne pas être en faveur de la souveraineté du Québec et encore moins en faveur de l'indépendance.

Alors, comment le PQ, redevenu tiers parti, devrait-il résoudre la question de son option, ou plutôt de ses options ? En abordant franchement les options fondamentales des partenaires à ce mariage, qui a été essayé et qui n'a pas réussi, et en permettant à chaque option de reprendre sa liberté, quitte à collaborer dans l'avenir si, lors d'un prochain scrutin, les électeurs donnaient un nombre intéressant de sièges à chacune de ces options. Le grand avantage de cette méthode serait que les partisans, et encore plus les citoyens, sauraient pour quelle option ils militent et les députés élus pourraient continuer de promouvoir chacun leur option en sachant quelle est la proportion de citoyens qui les appuient. Je me souviens de Pierre Bourgault qui disait, à l'époque, préférer de loin savoir que 30 pour cent des citoyens appuient sa démarche que de récolter 40 pour cent pour une option mitigée. Mais déjà le mariage était en vue, à cause de la tentation du pouvoir, sinon de la nécessité de prendre le pouvoir, pour ceux qui souhaitaient miser sur le "Maître chez nous" de Jean Lesage pour arriver à quelque chose comme un plus grand degré de souveraineté, alors que d'autres ne rechignaient pas à participer au pouvoir pourvu que leur option puisse progresser... Or voilà que le PQ se retrouve, 40 ans plus tard, dans le même débat, face au même dilemme. Que faire ? Divorcer. Bien expliquer les conséquence de sa thèse. Et voir ce que les citoyens en pensent.

Georges Paquet

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