Kadyrov aux commandes de la Tchétchénie
Mots clés : président, Ramzan Kadyrov, Forces armées, Russie (pays), République tchèque (pays)
Goudermès -- Ramzan Kadyrov, chef de puissantes milices accusées de nombreuses exactions mais aussi homme de la reconstruction de Grozny, a été investi hier à la présidence de la Tchétchénie, avec la bénédiction de Moscou.
Peinant parfois à lire son discours, se raclant la gorge, il a pris la parole devant plus d'un millier de hauts fonctionnaires russes et tchétchènes, de militaires et de dignitaires religieux dans un vaste pavillon aux baies vitrées dressé dans la résidence présidentielle, à Goudermès, à une trentaine de kilomètres à l'est de Grozny.
«Le plus important pour moi est le respect des droits de la personne et du citoyen», a lancé le jeune président, longtemps honni par une partie de la population tchétchène pour les opérations de ratissage et les actes de torture que ses milices perpétraient au nom de la lutte contre les indépendantistes tchétchènes.
À 30 ans, Ramzan Kadyrov a parcouru un long chemin depuis sa première apparition publique, en octobre 2003, lors de l'élection controversée de son père, ancien indépendantiste qui avait vilipendé «ces porcs de Russes» avant de se convertir à la politique de pacification du Kremlin.
La scène se déroulait à Tsentoroï, le fief et la forteresse du clan Kadyrov. Derrière son père qui se défendait d'être la marionnette du Kremlin, Ramzan souriait timidement et se présentait comme un simple lieutenant de la police russe.
Dans les faits numéro un de la Tchétchénie depuis la mort de son père, en mai 2004, Ramzan a éclipsé le président «officiel», le fade Alou Alkhanov, obligé de démissionner en février pour laisser la place au «plus jeune président de toutes les républiques de la Fédération de Russie».
Mais surtout, il a progressivement réussi à faire évoluer son image de tortionnaire dénoncé par les ONG en cherchant à offrir celle d'un homme fort, qui a l'oreille de Vladimir Poutine, capable de largesses et principal maître d'oeuvre de la renaissance de la république.
Malgré la normalisation invoquée par Moscou, sept ans après le début de la seconde guerre de Tchétchénie, les mesures de sécurité restent strictes. En ce jour d'investiture, le centre de Grozny était interdit aux voitures et, le long des routes entourant la capitale, policiers et militaires étaient en faction tous les 100 mètres.

