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Monsieur Lavallée --- Des lunettes polarisées ou quoi ???

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Jean Desjardins (jean-desjardins@videotron.ca)
Envoyé Le vendredi 06 avril 2007 12:00



Monsieur Lavallée.

Je crois que vous devriez consulter en regard de ce que vous percevez à travers vos lunettes. Au début, je croyais que vos lunettes étaient polarisées. Je me suis trompé. Vos lunettes semblent avoir le côté gauche translucide et le côté droit ...opaque. Elles semblent sélectives, quoi ! En effet, il semblerait que vous ouvrez l'oeil gauche ou l'oeil droit, dépendant de ce qui fait votre affaire pour défendre votre Grande Vérité Unique. Si ce n'est pas le cas, vous devriez consulter un neurologue, car vous souffrez peut-être d'un sérieux problème de transmission entre ce que vos yeux lisent et ce qui se rend à votre cerveau. C'est peut-être guérissable. Du moins je vous le souhaite.

Pour illustrer le tout, reprenons quelques éléments de votre texte.

(1) La caricature de Garnotte : Monsieur Facal a une position inverse de celle que représentait la caricature d'hier : le TGV de Louis Bernard qui fonce sur le mur de briques. Cette caricature raillait la stratégie des purs et durs de l'indépendance 'vite et à-tout-prix'. En l'occurrence, la position (provocante, j'en suis presque sûr, connaissant sa feuille de route) de Louis Bernard.
(2) L'obsession référendaire : monsieur Facal sort ce constat du chapeau du programme du PQ. Le brillant et 'bien groundé' article #1. À ce que je sache, ce n'est pas lui qui a inventé cette position pour le moins bê-bête, convenons-en. Du moins pour quelqu'un qui vit les deux pieds sur terre...
(3) Le vide de la substance identitaire du projet d'indépendance. Au contraire de votre interprétation, monsieur Facal préconise une refonte du programme qui accentue cette dimension. En fait, vous êtes sur la même longueur que lui à ce sujet. C'est-y plate en maudit, non ?
(4) Le retour aux sources du PQ : C'est une image qui invite à laisser de côté les peccadilles qui se sont érigées en priorités au cours des 40 dernières années du PQ pour mieux se recentrer sur l'essentiel. Les stériles débats gauche-droite, luttes syndicats-patrons, référendum = indépendance, compromis maladroits, etc. Ça doit sûrement vous rappeler quelque chose, non ? Monsieur Facal préconise un recentrage qui demande de retourner à l'essentiel, certes, mais aussi de s'ajuster au contexte Québécois et Nord-Américain de 2007. Dans mon livre à moi, ça révèle une capacité d'écoute, une capacité d'insight ainsi qu'un bonne dose d'ouverture d'esprit.
(5) Le dégel des frais de scolarité : C'est une image pour illustrer le dogmatisme de certaines prises de position idéologiques contre-productives. Il aurait pu également utiliser l'exemple du gel des tarifs d'électricité et bien d'autres politiques nuisibles au développement de nos institutions. Ça veut dire ça et rien d'autre. Point.
(6) Prouver que son projet est toujours valable et d'actualité : Monsieur Facal n'a jamais pu expérimenter 'son projet', comme vous dites. À ce que je sache, ce sont les factions opposées (purs et durs, SPQ libre, go-gauche) qui ont façonné le gros du programme qu'a dû défendre André Boisclair pendant la dernière campagne électorale. Il faut être culotté ou irresponsable pour imputer la défaite du PQ (sanctionné à juste titre par la population québécoise) à cette aile pseudo-de-droite que vous dénoncez haut et fort. Le problème, c'est que ces personnes ont abdiqué devant la minorité très militante et bruyante que vous défendez. Ayez au moins la décence d'assumer vos responsabilités plutôt que de continuer à décrier que « l'enfer, c'est toujours les autres... ».
(7) L'intelligence de l'électorat : les Québécois sont pas mal plus intelligents que vous le percevez. La preuve, c'est que le vote pour QS n'a pas dépassé 3.7 %. Et ce, malgré une couverture médiatique complaisante. Y aurait-il un message à saisir là-dedans ?


Ça suffit. Je laisse le tout à votre réflexion toute personnelle. Si vous manquez d'inspiration, consultez la bibliographie tout aussi personnelle de monsieur Montmarquette. Elle va dans le sens de vos rêves les plus fous. C'est un gourou charismatique, vous verrez. Ses titres personnels nombreux et la liste de ses écrits édifiants tiennent sur une page et demi, cependant. C'est long à consulter mais faut pas s'en faire, ça se répète. On en lit un et on a compris tout le reste ...

Sans rancune et ...sans rancoeur, itou !


Jean Desjardins

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