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Le PQ est mort. Vive le PQ!

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Aimé Lagarde
Envoyé Le jeudi 05 avril 2007 10:00



Monsieur Facal,

Vous avez raison de dire que le PQ s'est trop souvent comporté comme s'il détenait la vérité absolue et qu'il savait toujours mieux que la population (et que ses membres)ce qui est bon pour elle (et pour eux). Oui, le PQ a longtemps confondu la nécessaire fidélité à ses valeurs et un attachement dogmatique à une politique... ( «dépassée», faut voir...). Mario Dumont s'est montré plus habile : à la fois pute et caméléon, il a senti le vent et a en a largement profité. Pas assez même, à mon goût : il aurait fallu qu'il batte aussi Charest, pour montrer à quel point le programme de gouvernement de l'ADQ n'est que du vent, justement. Mais ni l'arrogance des Boisclair, Landry ou Bouchard ni l'àplatventrisme de Charest devant la haute, la moyenne et la basse finances, ni le léchage de bottes crottées et le câlinage de Dumont envers les malheureuses familles de 1,6 enfant(s) de nos banlieues faméliques (?)ne peuvent à eux seuls constituer de bonnes raisons de faire ou de défaire un gouvernement.

Pour gouverner, le PQ doit avoir un bon programme de gouvernement. Et pour ça, à moins d'être de mauvaise foi, on peut lui faire confiance. Sauf que, de par sa raison d'être, le Parti Québécois doit aussi tendre à faire l'indépendance du Québec. C'est là que le bât blesse, dirait monsieur Louis Bernard. Pendant quarante ans, le Parti Québécois a voulu à la fois faire l'indépendance du pays et gouverner la province, avec les résultats que l'on sait. Or gouverner, c'est faire des compromis et faire l'indépendance, c'est en finir avec les compromissions et les accommodements déraisonnables que nous impose une fédération canadienne mal ficelée et impossible à détricoter. Face à ce dilemme, monsieur Louis Bernard propose que le PQ renonce à gouverner et qu'il n'ait qu'un objectif, celui de faire l'indépendance. De votre côté, vous voulez que le PQ rompe avec son obsession référendaire. Vous avez à la fois raison et tort l'un et l'autre. Appliquer la médecine de Louis Bernard, c'est condamner le parti indépendantiste à végéter dans l'opposition pendant encore des décennies et peut-être même à trouver une fin honorable en se faisant hara-kiri. Car même si le nouveau PQ-Référendiste de Louis Bernard remportait une élection, avec 33% des voix par exemple, rien ne nous garantit qu'il pourrait gagner un référendum... Servir votre remède au PQ, c'est le vider de sa substance, c'est en faire un parti comme les autres, sans âme et sans tripes : un autre PLQ, sans «L »...

Plutôt que d'élaborer des scénarios-catastrophes, comme le vôtre et celui de monsieur Bernard, il faudrait réinventer la solution du bon sens et demander au Parti Québécois de se préparer à gouverner certes, mais en formulant son programme de gouvernement à l'image de la société dont il préconise l'avènement. (Ce n'est pas la place qui manque, à la gauche des libéraux et des adéquistes...) Et de promouvoir la souveraineté, en tout temps, qu'il soit au gouvernement ou non, pendant les campagnes électorales et en dehors des élections. Pour ce qui est d'un référendum, le parti souverainiste devrait se donner l'obligation d'en tenir un seulement le jour où les sondages montreraient que les Québécois sont majoritairement favorables à l'indépendance.

Mais pour mener à bien sa double mission, le Parti Québécois devra pouvoir compter sur sa base. Il devra faire appel à tous les gens de bonne volonté, à tous ceux qui veulent faire du Québec leur pays, c'est un projet encore parfaitement légitime, en 2007! Il appartiendra alors à tous les citoyens anti-fédéralistes et en particulier à des personnalités fortes comme vous, monsieur Facal (si vous y croyez encore), comme monsieur Landry, monsieur Louis Bernard, mesdames Louise Harel ou Pauline Marois et bien d'autres de se mobiliser, au sein des partis politiques et surtout en dehors des partis, pour faire progresser la cause de la souveraineté. Qu'un ou plusieurs de ces grands tribuns fondent le Mouvement pour un Québec Libre, qu'ils prennent la parole sur tous les plateaux de télévision et à toutes les émissions de radio, qu'ils aient leur site internet, qu'ils bloguent et qu'ils encouragent la population à en faire autant. Qu'ils expliquent posément, clairement, en long, en large et en travers le pourquoi de la souveraineté, qu'ils fassent la preuve que l'indépendance est encore aujourd'hui plus nécessaire que jamais. Qu'ils ne pensent pas à prendre le pouvoir, mais qu'ils se donnent comme objectif de préparer le terrain pour que le Parti Québécois fasse l'indépendance. Au plus vite! Le printemps va refleurir dans les campagnes et les villes québécoises et les sondages vont monter en flèche, ça ne va pas traîner!

Aimé Lagarde
CHAMBLY



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