Menace de grève au cimetière Notre-Dame-des-Neiges

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François Desjardins
Édition du jeudi 05 avril 2007

Mots clés : négociations, cimetière Notre-Dame-des-Neiges, Économie, Grève, Montréal

Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges est le plus grand au Canada.

Photo: Jacques Grenier

Convaincus que les négociations s'enfoncent dans un cul-de-sac, les employés d'entretien du cimetière Notre-Dame-des-Neiges, où reposent Robert Bourassa, Émile Nelligan et la Bolduc, ont donné à leur comité exécutif syndical un mandat de grève (à 98 %) que ce dernier pourra exercer «au moment qu'il jugera opportun», a indiqué le syndicat hier.

Le syndicat du plus grand cimetière canadien, qui représente 117 travailleurs dont 65 sont saisonniers, négocie depuis mars 2006 pour obtenir une nouvelle convention collective. Il veut un régime de retraite (il bénéficie présentement d'un REER collectif), des primes de départ mieux balisées, une réduction de la semaine de travail, un nombre d'heures minimal de travail par année et un resserrement du recours à la sous-traitance.

Le président du syndicat affilié à la CSN, Daniel Maillet, estime que le REER collectif fait en sorte que le risque se retrouve entre les mains de l'employé et que la création d'un régime de retraite donnera plus de stabilité aux revenus des retraités. «Porter ce risque-là, ça ne nous intéresse pas. D'autant plus qu'on a parfois des gens qui prennent leur retraite, depuis quelques années, qui reviennent nous voir en se demandant si la direction ne les reprendrait pas dans un travail saisonnier», a-t-il dit.

Sur les 117 employés, 52 sont des réguliers alors que 65 ont le statut saisonnier. Les salaires vont de 14 $ à 26 $ l'heure. Le syndicat souhaite que la semaine de travail passe de 37,5 heures sur cinq jours à 34,2 heures sur quatre jours. Il veut que le salaire reste le même. Ainsi, dans l'éventualité d'une convention de trois ans, cela se traduirait par une hausse salariale annuelle de 3 %.

Avec une superficie de 343 acres, des routes faisant 55 kilomètres et 5600 inhumations par année, le cimetière Notre-Dame-des-Neiges, géré par le conseil de fabrique de la paroisse Notre-Dame, est un des plus grands en Amérique du Nord. En raison du territoire, les tâches sont nombreuses: creusage, finition de la fosse, nivelage, ensemencement, nettoyage des chemins, travail d'orientation pour les visiteurs, camionneurs, etc.

Environ 15 cadres

Au total, le cimetière compte une quinzaine de cadres. Il n'est pas clair si l'ensemble des cadres pourraient effectuer les tâches en période de grève, car le cimetière est divisé en deux unités syndicales. Celle des employés de bureau compte environ 10 cadres, alors que celle qui menace de faire la grève en compte cinq, a dit lors d'un bref entretien l'avocat de la partie patronale, Me Guy Dufort, du cabinet Heenan Blaikie.

Me Dufort a dit que plusieurs aspects de la convention ont fait l'objet d'un règlement. Les parties, a-t-il précisé, ont récemment convenu de délaisser la négociation raisonnée, qui met l'accent sur une démarche plutôt que sur les objectifs concrets, pour privilégier la négociation traditionnelle. «Il semble que ça n'a pas donné les résultats que le syndicat espérait. Ils disent qu'on est dans un cul-de-sac. Je ne vois pas les choses comme ça», a-t-il dit. La prochaine rencontre à la table de négociation aura lieu le 12 avril.

Une grève dans un cimetière est un fait plutôt rare. Les travailleurs du cimetière l'ont déjà fait à deux reprises. En 1986, un arrêt de travail d'un mois s'était soldé par le report de 625 inhumations. Parmi les demandes syndicales figuraient les salaires et le désir des employés de pouvoir travailler sans t-shirt. Lorsqu'ils ont de nouveau débrayé en 1992, c'était pour des questions liées à la sous-traitance.


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