Téléphonie: l'industrie jubile, d'autres dénoncent
Mots clés : déréglementation, Union des consommateurs, Téléphonie, Économie, Québec (province)
Le milieu des affaires a accueilli avec satisfaction hier l'accélération de la déréglementation de la téléphonie locale, alors que l'Union des consommateurs l'a dénoncée.
«Dans un marché où la concurrence est maintenant très forte, il n'y a plus de raison d'empêcher les anciens monopoles d'établir leurs prix et leurs forfaits comme bon leur semble, sous prétexte de protéger une concurrence naissante», a ajouté M. Kelly-Gagnon, qui voit dans la décision d'Ottawa une bonne nouvelle tant pour les entreprises que pour les particuliers.
«Dès que le décret entrera en vigueur, les clients verront les avantages d'une concurrence accrue», a renchéri le président et chef de la direction de BCE, société mère de Bell Canada, Michael Sabia, en faisant allusion à un meilleur choix et à de nouvelles promotions pour les consommateurs.
L'Union des consommateurs
Charles Tanguay, de l'Union des consommateurs, avait un tout autre son de cloche.
«Le ministre [de l'Industrie, Maxime Bernier] cherche à accommoder les gros joueurs pour que soit tuée la concurrence dans l'oeuf avant qu'elle ne puisse réellement s'instaurer», a-t-il affirmé dans un entretien téléphonique. «Il appuie ses positions sur des croyances et des idéologies plutôt que sur des faits et des données», a soutenu M. Tanguay.
Selon lui, M. Bernier veut «bulldozer» le processus en faisant fi des recommandations d'un comité de la Chambre des communes. L'Union des consommateurs se réjouit néanmoins des «petits aménagements à la marge» que le gouvernement a consentis par rapport au projet initial de l'automne dernier, à la suite des préoccupations exprimées par certains groupes de pression.
Chez Vidéotron
Du côté de Vidéotron, un concurrent relativement récent de Bell dans la téléphonie résidentielle au Québec, la position demeure la même. La porte-parole, Isabelle Dessureault, a rappelé que les changements favoriseraient Bell et les autres anciens monopoles, qui auront désormais des «armes plus acérées».
«On est prêts à accepter une déréglementation dans le secteur de la téléphonie, on va être bons joueurs et on va se battre avec toute notre créativité, a-t-elle dit. Maintenant, on demande que cette philosophie-là se poursuive dans les autres secteurs, y compris en câblodistribution.»

