Le boom de l'éthanol pourrait nuire à l'alimentation dans les pays pauvres

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AFP
Édition du mercredi 04 avril 2007

Mots clés : maïs, blé, éthanol, Automobile, Énergie, États-Unis (pays)

Une pompe d'approvisionnement en biocarburant au Colorado. Remplir le réservoir d'un 4x4 avec 94,5 litres d'éthanol pur nécessite environ 204 kg de maïs, soit suffisamment de calories pour nourrir une personne pendant un an, révèle une étude.

Photo: Agence Reuters

New York -- Le boom de la production d'éthanol aux États-Unis pourrait avoir des «conséquences dévastatrices pour la pauvreté et la sécurité alimentaire mondiales» en provoquant une flambée des cours du maïs et autres denrées alimentaires, selon une étude à paraître dans la revue Foreign Affairs.

«Les volumes énormes exigés par l'industrie de l'éthanol sont en train de provoquer des ondes de choc dans le système alimentaire», avertissent Ford Runge et Benjamin Senauer, professeurs d'économie à l'université du Minnesota, et auteurs de l'étude.

En faisant grimper les cours du maïs, l'usage de plus en plus fréquent de l'éthanol comme biocarburant risque en effet de menacer l'alimentation des 2,7 milliards de personnes dans le monde qui vivent avec moins de 2 $US par jour, remarquent-ils.

«Remplir le réservoir d'un 4x4 avec 94,5 litres d'éthanol pur nécessite environ 204 kg de maïs, soit suffisamment de calories pour nourrir une personne pendant un an», écrivent MM. Runge et Senauer.

Si les cours du pétrole restent à un niveau élevé, «l'accroissement rapide de la production mondiale de biocarburant va faire monter les prix du maïs de jusqu'à 20 % d'ici à 2010 et de 41 % d'ici à 2020», pronostiquent-ils.

Les cours des autres denrées alimentaires, tels le blé et le riz, pourraient eux aussi être touchés par cette flambée, au fur et à mesure que les agriculteurs délaisseront ces cultures au profit du maïs.

Or, selon les auteurs, «le nombre de personnes confrontées à des problèmes de sécurité alimentaire augmenterait de 16 millions pour chaque hausse de 1 % des prix réels des produits de première nécessité. Cela signifie que 1,2 milliard de personnes pourraient régulièrement souffrir de la faim d'ici à 2025, soit 600 millions de plus que ce qui était précédemment prévu».

Pour remédier à ces conséquences néfastes, MM. Runge et Senauer suggèrent d'augmenter les efforts d'économie d'énergie aux États-Unis, d'avoir plus souvent recours aux autres sources d'énergie (solaire ou éolienne) et de développer la recherche sur l'éthanol cellulosique, conçu à partir d'arbres, de plantes ou d'herbe.


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