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La masturbation intellectuelle

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David Litvak (agoracv@yahoo.com)
Envoyé Le mardi 03 avril 2007 13:00



Rappelons, tout en invitant André Larocque à aller se masturber intellectuellement lui-même, que le soi-disant projet de loi qui est sur la table empêcherait les formations politiques qui ont moins de 10-13 % d'émerger à la hauteur de leur poids politique (grâce à des circonscriptions régionales sans compensation nationale, un vote unique pour un candidat directement reporté sur son parti et une méthode de répartition des restes évinçant les petites formations politiques). Il y a donc lieu de croire qu'un homme intelligent, s'il en est, qui se présente sous la bannière du PVQ, devrait comprendre qu'un tel mode de scrutin empêcherait son parti d'être adéquatement représenté à l'Assemblée nationale. C'est parce que des incompétents comme lui ont été derrière cette réforme depuis le début, il fait partie avec Claude Béland, Henry Milner et Vincent Lemieux ainsi que Louis Massicotte, du camp des conservateurs de la réforme (les trois derniers sont compétents, mais conservateurs - Henry un peu moins), que l'on en est arrivé à ce point où il faut faire comme en Colombie-Britannique et en Ontario et reconnaître que les partis politiques, PLQ en tête, et même certains des acteurs du mouvement de réforme, dont le MDCQ, sont en conflit d'intérêt. Ceux-ci, en effet, accepteraient n'importe quoi, tout en sachant qu'un scrutin, ça dure généralement 50 ans, ou plus. (Les Français, qui ont changé le leur en 1958, en tout cas, s'apprêtent à le repenser en mode proportionnel.)De toute évidence, personne n'est adéquatement informé des enjeux de la réforme.

Si les citoyens appuient la proposition d'Assemblée citoyenne sur le modèle de Colombie-Britannique et d'Ontario, voici le site web pour signer la pétition : www assemblee-citoyenne.qc.ca Oui, à la proportionnelle, mais pas n'importe comment et pas n'importe quoi!

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Permettons-nous de corriger un peu M. Deglise:

Copiée en Colombie-Britannique où une refonte du système électoral est également en cours [le système est en cours en Ontario, et achevé en Colombie-Britannique], l'idée consiste à mettre en place une structure supraparlementaire et indépendante pour disséquer et orchestrer une réforme [pour éviter une réforme comme au Québec] dans laquelle les députés sont finalement juge et partie. «L'assemblée pourrait être composée d'électeurs pris au hasard dans les listes électorales, poursuit le responsable de cette campagne. À terme, le fruit de leurs travaux serait alors soumis à la population par voie de référendum.» [Le site de l'Assemblée citoyenne de l'Ontario en cours: http://www.citizensassembly.gov.on.ca/en-CA/home%20page.aspx]

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Je me permets de répondre à l'intervention suivante (de M. Éric Ouellet):

La proportionnelle semble être une bonne idée par écrit mais difficile d'application.
Une question soulevée, notamment, est celle-ci: quelle serait la légitimité d'éventuels députés "élus" grâce à la proportionnelle versus les députés élus de manière traditionnelle (dans l'hypothèse d'un système mixte entre l'actuel et la proportionnelle)?

- Les députés élus dans un scrutin mixte ont généralement une légitimité différente, mais comparable. Après tout, même s'ils n'ont pas de comté d'attache, vous et moi pouvons aller les voir et porter nos doléances. Il y a aussi des scrutins mixtes où les députés ont une attache régionale.

Aussi, comment se ferait la répartition des responsabilités entre 2 députés provenant d'une même région ou pire, d'un même comté?

- C'est en fait un avantage d'avoir plusieurs députés dans une même région, car, pusiqu'ils seront souvent de partis différents, plus de votants ont quelqu'un de confiance à qui s'adresser. Il n'y a pas de partage de responsabilité, cependant, les deux sont députés de la région. Cela peut avoir l'avantage de tisser régionalement des liens multipartisans qui peuvent mener à un consensus au niveau des plus hautes autorités de partis.

Alors ma proposition: et si on ajoutait simplement un 2ième tour pour les candidats n'obtenant pas une majorité absolue au premier tour? On pourrait retenir les 2 premiers ou encore, fixer un % minimal pour se qualifier au 2e tour, quitte à en tenir un 3e pour qu'un candidat obtienne finalement le fameux 50% + 1.

Est-ce trop simpliste comme suggestion? Répondez-moi!

- Cette suggestion, inspiré du modèle français que Bayrou et Royal, tous deux présentement candidats à la présidentielle se proposent de changer pour une proportionnelle, a des désavatages aussi. Le problème, c'est que si un parti a 10 % des sièges partout, il ne perce jamais au second tour, et sa représentation est alors loin d'être proportionnelle. Ce système crée donc des distorsions, lui aussi.

Enfin, si on veut atteindre ce résultat dans des circonscriptions uninominales, à un député, et ce, en un seul tour, le système australien de scrutin préférentiel, permet de le faire simplement en permettant aux votants d'exprimer leur ordre de préférence pour tous les candidats. Ce scrutin, c'est comme tenir X tours, autant que nécessaire, jusqu'à temps qu'une majorité soit atteinte, tout en invitant les citoyens à ne se déplacer qu'une seule fois.

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