Le nouveau rapport du GIEC va décrire les impacts du réchauffement climatique

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Reuters
Édition du lundi 02 avril 2007

Mots clés : PNUE, Himalaya, GIEC, Climat, Norvège (pays)

Les scientifiques prévoient notamment la fonte des glaciers de l'Himalaya

Le mont K2 de la chaîne himalayenne, au Pakistan, est le deuxième sommet du monde en altitude. Une des conséquences les plus graves du réchauffement climatique sera la fonte des glaciers de l'Himalaya.

Photo: Agence Reuters

Oslo -- Le réchauffement climatique devrait, entre autres catastrophes, provoquer davantage de famines en Afrique et entraîner la fonte de l'essentiel des glaciers de l'Himalaya à l'horizon 2030, à en croire un nouveau rapport de l'ONU, qui montre que les plus pauvres souffriront le plus de ce phénomène imputable aux activités humaines.

Le deuxième des trois groupes de travail thématiques du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) se réunit toute la semaine à Bruxelles pour valider les conclusions de son quatrième rapport sur «les conséquences, l'adaptation et la vulnérabilité» au réchauffement de la planète.

À Paris il y a deux mois, les experts du premier groupe de travail du GIEC avaient rendu un rapport alarmant sur les bases scientifiques du changement climatique, qui établissait avec un degré de certitude jamais atteint auparavant que les activités humaines sont responsables du changement climatique.

Le GIEC qui, avec 2500 chercheurs venus de 130 pays, fait autorité pour les questions d'évolution du climat, avait alors présenté une fourchette moyenne d'élévation des températures au XXIe siècle de 1,8 à 4 degrés.

«Potentiellement catastrophique»

Le rapport du deuxième groupe de travail du GIEC, qui doit être rendu public vendredi, présentera pour la première fois depuis 2001 la liste des impacts à attendre pour l'environnement de ce dérèglement des températures.

«Nous parlons ici de conséquences potentiellement catastrophiques», a estimé Achim Steiner, directeur exécutif du Programme des nations unies pour l'environnement (PNUE).

La hausse des températures, provoquée par l'augmentation de la concentration dans l'atmosphère de gaz à effet de serre (GES), issue principalement de la combustion des énergies fossiles, entraînera notamment une élévation du niveau des océans.

«Même 50 cm d'élévation de ce niveau aura un impact catastrophique au Bangladesh et dans certaines îles», a-t-il souligné.

Une des conséquences les plus graves du réchauffement climatique sera la fonte des glaciers de l'Himalaya.

«Si le réchauffement se maintient à son rythme actuel, les glaciers de l'Himalaya pourraient reculer à une vitesse très élevée, et passer de 500 000 km2, comme c'est le cas actuellement, à 100 000 km2 en 2030», à en croire un brouillon du «résumé aux décideurs» de 21 pages que les experts doivent valider au cours de leur semaine bruxelloise.

Les perturbations se feront les plus cruellement sentir dans les pays pauvres d'Afrique et d'Asie, où des millions de personnes souffriront de la pénurie d'eau et du recul des terres arables.



Faire pression sur les décideurs

Le rapport signale toutefois que certains pays pourraient profiter un temps de l'élévation des températures. En effet, le potentiel agricole de la planète augmentera dans un premier temps, avant de s'effondrer. Les experts expliquent que les cultures seront plus propices dans certains pays comme ceux de la Scandinavie, le Canada, la Russie ou la Nouvelle-Zélande.

Mais les pays riches auront à subir autrement les conséquences du réchauffement de la planète.

Le bassin méditerranéen pourrait devenir aride. Aux États-Unis, l'élévation du niveau des océans et la multiplication des tempêtes devrait «gravement perturber les transports dans le golfe du Mexique, sur les côtes atlantiques et dans le Nord», selon le rapport.

Le troisième groupe de travail du GIEC rendra en mai à Bangkok un rapport sur les mesures à prendre pour atténuer le réchauffement global.

Ces trois contributions constitueront ensemble le quatrième rapport d'évaluation du GIEC, organe créé en 1988.

Les Nations Unies espèrent que ce rapport d'évaluation -- le dernier date de 2001 -- augmentera la pression sur les gouvernements en vue d'une mobilisation contre le réchauffement planétaire.

«La question n'est plus de savoir si le réchauffement climatique a lieu, mais ce qu'il faut faire pour y remédier», a estimé Steiner, en précisant que les gouvernements et les entreprises étaient dans l'ensemble convaincus de la réalité du phénomène et ne percevaient plus le changement climatique comme une théorie scientifique contestable.

Pour autant, les négociations pour étendre au-delà de 2012 le protocole de Kyoto sur les réductions de GES sont au point mort. Les plus gros émetteurs de GES -- les États-Unis, la Chine et l'Inde -- ne sont actuellement pas obligés par le protocole de réduire leurs émissions.


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