Référendum - Feu vert à la protection d'une forêt centenaire à Granby
Mots clés : Municipalité, Granby, terres Miner, Référendum, Municipalité, Québec (province), Cantons de l'Est (Région)
Les citoyens de Granby, dans les Cantons de l’Est, ont donné hier soir le feu vert à la Ville pour qu’elle effectue un emprunt de 7,95 millions de dollars afin de se porter acquéreur des «terres Miner», des terrains d’une superficie de 525 acres qui étaient devenus le centre d’une guerre de tranchées entre des promoteurs immobiliers et la Ville. Cette dernière souhaite procéder à l’achat afin de protéger une forêt centenaire qui se trouve sur ces terrains.
Les terres en question comprennent des terrains vacants zonés résidentiels, mais aussi un petit terrain de golf et un parc connu comme «le parc Miner», incluant notamment une forêt centenaire. La Ville de Granby souhaite acheter la totalité des 525 acres, pour ensuite y délimiter une «zone de conservation» de 253 acres incluant le golf, le parc Miner et certains terrains vacants. Environ 200 acres de cette zone ont une valeur écologique, et l’on y retrouve des arbres aux essences très variées: érable à sucre, pruche, cerisier, merisier, frêne, hêtre et noyer.
Un total de 271 acres devraient par ailleurs être revendus à des promoteurs immobiliers afin qu’ils y effectuent des développements résidentiels «sur une période de 24 ans», selon ce qu’a expliqué hier le maire de Granby, Richard Goulet, favorable au projet. Il n’a pas été possible de lui parler hier soir, après l’annonce des résultats.
Cette possibilité d’achat avait été soumise à la Ville par le juge de la Cour supérieure Paul-Marcel Bellavance afin de régler la vente des terrains qui appartiennent à la succession d’un ancien industriel prospère. Le juge a offert à Granby une option exclusive d’achat, à condition que la Ville paye les 7,95 millions de dollars en un seul versement et dans un délai relativement court.
Le camp du «non»
Or, pour le camp du «non», réuni au sein du Regroupement des citoyens pour une gestion responsable, l’achat des 525 acres est une erreur et ils ont mené une lutte de tous les instants au cours de la campagne référendaire. Ils ont notamment fait valoir que le prix payé par la Ville est trop élevé, lui demandant d’attendre le plan B du juge Bellavance, qui prévoyait de confier la vente à la firme Colliers International. Celle-ci pensait pouvoir tirer 13 millions de dollars de l’opération. Granby aurait alors pu acheter la centaine d’acres nécessaires pour protéger la forêt Miner, selon le camp du «non».
Une étude commandée par la Ville à la firme Raymond Chabot Grant Thornton a plutôt démontré que la revente des 271 acres de la «zone constructible» à des promoteurs immobiliers suffira largement pour financer l’achat de la «zone de conservation».
Le camp des opposants, qui compte dans ses rangs l’ancien maire de Granby, Michel Duchesneau, a aussi prétendu que certains terrains seraient contaminés. «La Ville a commandé trois études à la firme d’experts Laforest Nova Aqua, qui a statué que les dits terrains étaient sains», a dit M. Goulet hier. C’est ce qui lui fait dire que «le camp du “non” a fait une campagne de désinformation absolument incroyable». L’une des propriétaires des «terres Miner», Maria Lubecki, a aussi soutenu que Michel Duchesneau lui avait déjà fait, à deux reprises, une offre pour l’achat des terres Miner. Des allégations que le principal intéressé a démenties.
Les partisans du «non» se sont toutefois défendus de vouloir jouer le jeu des promoteurs immobiliers, qui pourraient voir une belle occasion d’affaires dans ces 525 acres, l’équivalent de 350 terrains de soccer. «Les deux camps visent le même objectif: on veut conserver le bois. J’espère que les gens comprennent la même chose que nous», avait expliqué vendredi Serge Nadeau, leader du camp du «non», au quotidien La Voix de l’Est.
Richard Goulet estime pour sa part que la préservation de 253 acres, dont la forêt centenaire, ne sera assurée que si la Ville achète les terrains. «On veut le faire pour les générations futures», a-t-il souligné hier. Quelque 1500 personnes avaient d’ailleurs manifesté samedi à Granby en faveur du projet d’achat.
Vos réactions
Le cas de Granby constitue malheureusement une exception au Québec - par Claude Couture (c.couture5@videotron.ca)
Le mardi 03 avril 2007 12:00
Une décision très sage que de préserver cette forêt. - par Jean-Claude Préfontaine
Le lundi 02 avril 2007 10:00
INFORMATION SUPPLEMENTAIRE, RE SUITE À DONNER À CET ARTICLE - par Jean-Yves Bégin
Le lundi 02 avril 2007 09:00

