J'ai grandi dans le milieu de la petite bourgeoisie commerçante provinciale. Je sais combien elle est frileuse quant à ses petits avantages concurrentiels sur l'accession aux études supérieures. Elle cherche à stopper l'ascenceur sociale de la Révolution tranquille. Elle abonde donc dans le discours creux des ADQ/PLQ à ce sujet. Sur quatre enfants, deux d'entre nous ont des doctorats. Sauf moi qui tire le diable par la queue pour cause de mésorientation, et je le regrette amèrement, je n'ai qu'un diplôme collégial technique qui ne vaut pratiquement rien sur le marché du travail, dans une spécialité qui ne m'intéresse même plus, quand je songe que le Québec ne compte que 17 % de diplômés universitaires contre 20 % en Ontario. Je ne demanderais pas mieux que de me recycler, même sur le tard, à un niveau qui correspond enfin à mon type d'intelligence féru de culture générale. Je n'en ai pas du tout les moyens. Nous avons un sérieux retard à rattrapper et c'est pourquoi le choix de société que constitue la gratuité scolaire totale et entière, s'impose devant la montée inexorable de la Chine et de l'Inde qui en produisent en quantité industrielle.