Une autre affaire qui ternit davantage l'image de l'organisation policière
Mots clés : police, Gendarmerie Royale du Canada, Giuliano Zaccardelli, Justice, Canada (Pays)
Ottawa -- Les allégations de fraude qui frappent actuellement la Gendarmerie royale du Canada ne sont que la plus récente affaire à venir ternir la réputation du corps policier. Si ces allégations devaient s'avérer, il ne sera pas possible de régler l'affaire en rejetant tout le blâme sur l'ancien commissaire, Giuliano Zaccardelli, estime le criminologue Wade Deisman, de l'Université d'Ottawa, puisqu'il deviendrait alors évident que quelque chose cloche au coeur même de la GRC.
De mémoire récente, une commission d'enquête a conclu que le calvaire de Maher Arar, qui a été emprisonné et torturé en Syrie pendant un an, était attribuable, du moins en partie, à des informations erronées transmises aux Américains par la GRC.
La GRC a aussi été éclaboussée par son incapacité à résoudre l'énigme de l'attentat terroriste contre un vol d'Air India en 1983, notamment en raison d'une guerre de juridictions qui l'a opposée au Service canadien du renseignement de sécurité.
Puis, en 1995, la GRC a été ridiculisée quand un homme souffrant de problèmes mentaux s'est introduit dans la résidence officielle du premier ministre. La femme du premier ministre Jean Chrétien, Aline, avait alors dû barricader la porte de leur chambre à coucher et appeler les policiers en renfort au téléphone, pendant que son mari s'armait d'une lourde statuette inuite. Ils n'ont pas été blessés et l'intrus a été appréhendé.
M. Deisman croit que la décision du gouvernement fédéral de convoquer une nouvelle enquête sur les allégations de fraude ne servira à rien et que des mesures plus vigoureuses sont requises pour reconstruire la confiance des Canadiens envers le corps policier.
«Pour rétablir la confiance du public ils doivent créer un forum pour discuter comment obtenir plus de transparence et comment créer des mécanismes de responsabilité et de supervision plus stricts», a-t-il expliqué.
Il se dit aussi troublé par les rumeurs voulant que tout dissident au sein de la GRC fasse l'objet d'une campagne de harcèlement sans pitié.
«Ça laisse surtout entendre que les bonnes récompenses ou protections ne sont pas en place pour les employés de la GRC qui sont témoins [de ces problèmes] et qui veulent les dénoncer, mais qui craignent pour leur carrière», a dit M. Deisman.

