Le monde arabe invite Israël à saisir les chances de paix

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AFP , Reuters
Édition du vendredi 30 mars 2007

Mots clés : occupation, soldats, roi Abdallah, Forces armées, Arabie saoudite (Pays), Israël (pays)

L'Arabie saoudite justifie les propos du roi Abdallah

Riyad -- Alors que les pays arabes tendaient la main à Israël pour tenter de sortir du conflit proche-oriental, l'Arabie saoudite a justifié les propos du roi Abdallah, qui avait dénoncé la veille «l'occupation étrangère illégitime» de l'Irak et amené les États-Unis à demander des éclaircissements.

«Il n'a pas mentionné un pays spécifique, mais comment peut-on qualifier la situation d'un pays qui a sur son sol des soldats qui ne sont pas porteurs de sa nationalité, si ce n'est par "occupation"», a demandé le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud al-Fayçal, lors d'une conférence de presse après la clôture du sommet arabe.

«La question qui se pose est: est-ce que ce pays a choisi [la présence] de ces forces? Si c'était son choix, ce serait différent. Mais toute action militaire qui n'intervient pas à l'appel d'un pays, c'est bien la définition de l'occupation», a-t-il poursuivi. Le roi, dans son discours, «décrivait une réalité et il n'a pas l'habitude de camoufler les réalités», a conclu le prince.

Les dirigeants des pays membres de la Ligue arabe ont pour leur part invité hier les grandes puissances à se fonder sur leur initiative de paix pour tenter de trouver une solution définitive au conflit proche-oriental.

S'exprimant lors de la cérémonie de clôture du sommet, le président palestinien Mahmoud Abbas a mis en garde contre un risque de regain de violences dans la région si Israël ne saisit pas la «main tendue» par les Palestiniens et a appelé de ses voeux la tenue d'une conférence de paix internationale.

«Je réaffirme la sincérité de la bonne volonté des Palestiniens qui tendent une main de paix au peuple israélien. Nous ne devons pas laisser passer les chances dans l'histoire de cette cause longue et douloureuse», a-t-il dit. «L'ensemble de la région sera en proie à de nouvelles menaces de guerre, d'explosions de violence, ainsi qu'à des affrontements régionaux et internationaux du fait de l'absence d'une solution ou de l'impossibilité d'en mettre une en oeuvre», a poursuivi le président palestinien.

L'initiative de paix arabe, adoptée en 2002 au sommet de Beyrouth à l'initiative du roi saoudien Abdallah, alors prince héritier, propose la paix et des relations diplomatiques à Israël en échange de son retrait des territoires occupés durant la guerre de 1967, y compris de Jérusalem-Est, appelé à devenir la capitale d'un futur État palestinien. Le plan arabe prévoit aussi une «solution juste» au problème des Palestiniens déplacés en 1948.

Dans un communiqué, le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré qu'Israël considérait «avec intérêt la poursuite des discussions avec les États arabes modérés qui désirent la paix, afin de favoriser un processus de normalisation et de coopération».

Le vice-premier ministre israélien, Shimon Peres, a prôné de nouvelles discussions directes entre Arabes et Israéliens. «Asseyons-nous autour de la table et travaillons [sur l'offre de paix de la Ligue arabe] comme nous l'avons fait par le passé avec l'Égypte, la Jordanie et les Palestiniens», a-t-il dit à la chaîne de télévision al-Jazira.

Les États-Unis ont accueilli favorablement la relance de l'initiative de paix. «Voici une chose que nous jugeons très positive», a déclaré le porte-parole du département d'État, Sean McCormack, concernant l'issue du sommet arabe et la relance du plan.

Rejeté par Israël lorsqu'il avait été présenté en 2002, ce plan présente des obstacles particulièrement difficiles à surmonter.


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