En grève pour la gratuité
Mots clés : grève étudiante, droits de scolarité, Parti politique, Éducation, Québec (province)
Le dégel des droits de scolarité, soutenu tant par le gouvernement libéral minoritaire que par l'opposition adéquiste, est inacceptable, rappellent les étudiants, qui descendront aujourd'hui dans la rue pour rappeler que «la seule option acceptable, c'est la gratuité».
On ne sait pas combien d'entre eux répondront à l'appel de l'ASSE et se rallieront au square Victoria, à Montréal, pour une manifestation «remplie d'actions-surprises et symboliques», comme l'a rappelé hier la porte-parole Évelyne-Élise Paquette. La manifestation, qui démarre en milieu d'après-midi, sera pacifique, «car nous avons invité parents et enfants à se joindre à nous», a-t-elle ajouté.
L'ASSE, qui milite depuis sa création pour la gratuité scolaire, profite de l'arrivée de ce gouvernement minoritaire libéral et d'une opposition fortement adéquiste pour marteler son message. En campagne, les deux partis se sont montrés favorables à un dégel des droits de scolarité, les libéraux en ayant fait une proposition formelle, à raison de 50 $ par session; les adéquistes ont ouvert quant à eux la porte à une indexation des droits, actuellement gelés au même niveau depuis 1994.
Le brasse-camarade politique des derniers jours a aussi fourni l'occasion hier à la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et à la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) de partager leurs «grandes inquiétudes» face au sort réservé à l'éducation dans la formation politique actuelle.
«La composition libérale minoritaire et l'opposition adéquiste créent beaucoup d'incertitude», a indiqué hier Étienne Hudon-Gagnon, président de la FECQ, qui précise que le «printemps sera un test» pour les trois partis installés à l'Assemblée nationale. Outre les droits de scolarité, les prêts et bourses et le réinvestissement attendu en éducation postsecondaire sont des éléments d'inquiétude pour les fédérations.
«Nous nous plaçons en mode représentation, en allant dans les comtés rencontrer les élus, particulièrement de l'ADQ», a affirmé Christian Bélair, président de la FEUQ. «Un budget doit être adopté prochainement, et aucun de ces deux partis ne nous a convaincus de sa vision de l'éducation.»
La situation inédite, pour le Québec, d'un gouvernement minoritaire pourrait «jouer en notre faveur», croit toutefois M. Bélair. Les étudiants de la FECQ et la FEUQ avaient choisi de mobiliser les troupes la semaine dernière, avant le jour du scrutin.
La Fédération des cégeps a rappelé de son côté que les levées de cours ne doivent pas «entraver l'accès au collège ni modifier ses opérations normales», comme l'a indiqué Caroline Tessier, directrice des communications de cette fédération. La loi C-43 (Loi concernant les conditions de travail dans le secteur public) oblige les directions de collège à veiller au grain, mais dans certains groupes étudiants cette vigilance indispose.
«Des directions de collège ont indiqué qu'elles allaient utiliser un imposant dispositif de sécurité», déplore-t-on à l'ASSE. La lecture juridique de la loi, qui indique que «nul ne peut» entraver l'accès à un collège sous peine d'amendes, fait dire en revanche à la Fédération des cégeps que les étudiants sont visés par la loi et peuvent en effet se voir imposer une peine financière si cet article est bafoué.
«Les étudiants ont tout à fait le droit de manifester pacifiquement, mais les gestionnaires, en revanche, sont soumis aux termes de la loi C-43, qu'ils doivent faire respecter», rappelle Mme Tessier.
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