Le référendum mis en veilleuse

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Antoine Robitaille
Édition du mercredi 28 mars 2007

Mots clés : Référendum, André Boisclair, PQ, Parti politique, Élection, Québec (province)

«Ce qui pourrait arriver de pire au PQ, c'est de rester comme il est», dit André Boisclair

Le chef du Parti québécois, André Boisclair, en conférence de presse hier à Québec. Il a reconnu que la tenue d'un référendum était impossible à court terme.

Photo: Agence Reuters

Québec -- Contrairement à la rumeur qui a circulé en début d'après-midi hier, André Boisclair a indiqué qu'il souhaitait rester à la tête du Parti québécois et le transformer en fonction des «messages» envoyés par la population lundi. Selon lui, sa formation politique doit éviter le «déni» dans lequel il s'est plongé après la défaite de 2003 et avoir le courage de remettre en question d'importants éléments de sa stratégie, de son programme et de ses statuts, a-t-il précisé lors de son point de presse post-électoral à l'Assemblée nationale.

L'homme de 40 ans, qui portera désormais le titre de «chef du deuxième groupe d'opposition», a soutenu avoir «les deux pieds bien ancrés dans le Parti québécois». M. Boisclair aurait refusé «d'abandonner» la formation de manière précipitée, à l'instar de ses prédécesseurs Bernard Landry et Lucien Bouchard, a-t-on appris dans son entourage. «Ce n'est pas vrai que l'on va abandonner ce grand parti-là. On va se battre», a dit un de ses proches. En point de presse, M. Boisclair a soutenu ne pas avoir songé à démissionner après que le PQ a obtenu 28 % des voix, son pire score depuis 1970.

Concernant son leadership, il estime avoir reçu «des signaux nombreux qui vont dans la bonne direction». Les militants, a-t-il expliqué, «ont vu quelqu'un qui a mené une bonne campagne, quelqu'un de solide, quelqu'un de courageux, quelqu'un qui a gagné l'estime de la population», a-t-il expliqué. «Je ne les ai pas convaincus à majorité de voter pour moi, mais j'ai très certainement gagné en estime.»

Par ailleurs, le chef péquiste souhaite entamer une discussion de fond avec son caucus afin d'éliminer l'échéancier référendaire. L'Assemblée nationale sera dorénavant composée, a-t-il souligné, «en majorité de députés représentant une majorité d'électeurs pour qui la tenue d'un troisième référendum sur la souveraineté ne constituait pas, à l'évidence, une priorité».

Ainsi, le chef péquiste a commencé à faire évoluer son discours, hier, vers une perspective, non plus tant de «rupture souverainiste», mais «de réforme constitutionnelle». Il a par exemple mis en relief le fait que les «deux tiers des députés de l'Assemblée nationale ou presque [...] rejettent le statu quo constitutionnel». Entend-il aider l'ADQ à réclamer plus d'«autonomie»? «Je ferai tout ce qui sera dans le meilleur intérêt du Québec», a-t-il répondu en anglais.

Selon certaines sources, M. Boisclair pourrait réunir ses ouailles dans les prochaines semaines en congrès spécial et leur proposer d'abroger des pans de leur programme, notamment celui de faire un référendum le plus vite possible. Le projet de modernisation du Parti québécois qu'il avait souhaité lors de son arrivée n'est pas complété, a souligné M. Boisclair. Une des raisons pour expliquer cela, selon lui, est le contexte assez particulier «de lendemain de congrès» dans lequel il a été élu: «Je pense qu'il nous reste encore beaucoup de travail à faire au Parti québécois», a-t-il dit. En anglais, il a affirmé que «ce qui pourrait arriver de pire au PQ, c'est de rester comme il est».

Parlementaire aguerri, M. Boisclair estime que la situation de gouvernement minoritaire pourrait avoir d'intéressants effets sur les travaux parlementaires. «Il y a de très, très belles joutes parlementaires, là, à l'Assemblée nationale. Comme le dit [le titre de] l'émission [de télévision], "il va y avoir du sport".» M. Boisclair a annoncé par exemple qu'il entend «forcer le jeu» sur certaines questions telles que le parc du Mont-Orford, dont il avait promis, en campagne électorale, l'annulation de la privatisation partielle. Quant au budget du ministre des Finances sortant, Michel Audet, il a dit: «Ce budget-là n'est pas encore adopté. Est-ce qu'il y aura un nouveau budget? Est-ce que M. le premier ministre va faire le choix de poursuivre le budget et son énoncé sans faire de modifications? Je pense qu'il est un peu tôt pour répondre à cette question.» Quant aux baisses d'impôt promises par Jean Charest en campagne électorale, M. Boisclair estime qu'après les résultats de lundi, le premier ministre voudra apporter certaines modifications: «Il ne peut pas avoir fait le discours qu'il a fait hier, disant qu'il a entendu la population, et tout simplement poursuivre sur la même stratégie. Là ce serait à son tour de faire du déni.»

Séisme

Certains souverainistes ont formulé des critiques à l'endroit de la formation hier. À Radio-Canada, l'ancienne ministre Louise Beaudoin a dit que, sous la direction d'André Boisclair, le Parti québécois est resté aveugle à l'évolution de l'électorat québécois. «Pour moi, c'est quand même un séisme [...], ce qui vient de se passer [...], et les remises en question, on ne pourra pas y échapper.»

Aussi sur les ondes de la société d'État, l'ancien député péquiste de Borduas, Jean-Pierre Charbonneau, a expliqué qu'en votant pour un parti adverse au PQ, certains souverainistes ont tenté de saper le leadership de M. Boisclair: «Disons la vérité, il y a des gens qui ont voté ADQ, Québec solidaire ou qui sont restés à la maison parce qu'ils voulaient changer le leadership du Parti québécois. Les gens se sont dit: "On ne peut pas voter pour le PQ avec André Boisclair. On va faire ce qu'il faut pour qu'il y ait un nouveau leadership."» Le syndicaliste Marc Laviolette, candidat péquiste défait dans Soulanges, estime que les citoyens ont rejeté lundi la «langue de bois», soulignant que Mario Dumont a bien réussi parce qu'il parle de manière à ce que les gens comprennent bien. M. Laviolette n'a pas fait de comparaison directe avec le langage de son chef.

Par ailleurs, Partick Bourgeois, éditeur et animateur d'un site Internet indépendantiste «pur et dur», croit qu'il est temps pour le Parti québécois de «réviser complètement sa stratégie». Selon lui, «pour obtenir des succès électoraux, la seule priorité du PQ doit être l'indépendance». Si le PQ s'est fait «rosser» hier, c'est qu'il n'a «rien fait» pour «préparer l'indépendance» depuis 1996. Il reproche aussi à M. Boisclair d'avoir évacué les «arguments identitaires» du discours péquiste, ce qui a laissé «toute la place aux nationalistes niais qui se retrouvent aujourd'hui à l'Action démocratique du Québec. Des idiots incapables de seulement nous expliquer leur concept d'autonomie». M. Bourgeois écrit aussi: «Qu'on l'accepte ou pas, l'immigration est une menace qui pèse de tout son poids sur la pérennité du fait français au Québec, enfin, cela étant vrai tant que nous demeurerons dans un Canada qui anglicise les immigrants systématiquement.»


Vos réactions


pas de mouvement possible sans les médias de masse - par Marc Lavallée
Le vendredi 30 mars 2007 08:00

Boisclair, Le courageux - par Donald Bordeleau (lucie065@cgocable.ca)
Le jeudi 29 mars 2007 04:00

Oui, Boisclair doit rester. - par J Grégoire
Le mercredi 28 mars 2007 22:00

@ Sanchez - par Michel Simard
Le mercredi 28 mars 2007 21:00

@ Père Noël... - par Christian Montmarquette (chmontmarquette@yahoo.fr)
Le mercredi 28 mars 2007 18:00

@montmarquette - par jacques noel
Le mercredi 28 mars 2007 15:00

Qui ne fait pas l'indéoendance la combat - Gaston Miron. - par Christian Montmarquette (chmontmarquette@yahoo.fr)
Le mercredi 28 mars 2007 12:00

Je veux partir un mouvement, veuillez m'aider SVP partsans du PQ - par Éric Labbé
Le mercredi 28 mars 2007 12:00

Place au nouveau discours! - par Fernand Bélair
Le mercredi 28 mars 2007 10:00

J'ai envie de déménager à Panama...... - par Lemieux Line (granitnoir@hotmail.com)
Le mercredi 28 mars 2007 10:00

You dont teach an old dog new tricks - par Zach Gebello (gebe@tlb.sympatico.ca)
Le mercredi 28 mars 2007 09:00

Une remise en question à l'interne, pas dans les médias - par Amélie Côté
Le mercredi 28 mars 2007 09:00

Boisclair doit absolument rester - par R. et J.
Le mercredi 28 mars 2007 09:00

Un questionnement salutaire pour le PQ - par Ernesto Sanchez
Le mercredi 28 mars 2007 09:00

Autopsie d'un résultat électoral. - par Roger Kemp (deco-grav@videotron.ca)
Le mercredi 28 mars 2007 09:00

Oui, Boisclair doit rester et les belles-mères doivent le soutenir - par Brian Carey (brian_carey@globetrotter.net)
Le mercredi 28 mars 2007 09:00

Le fardeau de la preuve - par eric thiffault
Le mercredi 28 mars 2007 08:00

Nous gagnerons l'indépendance du Québec à cause de l'argent et du vote ethnique - par René Lesage (lesage@uqtr.ca)
Le mercredi 28 mars 2007 07:00

Comment Boisclair est devenu chef du parti? - par jacques noel
Le mercredi 28 mars 2007 07:00

Boisclair doit rester - par Suzanne Tremblay (suzanne_tremblay@globetrotter.net)
Le mercredi 28 mars 2007 01:00

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