Obésité - Les enfants vivront moins vieux que leurs parents

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Louise-Maude Rioux Soucy
Édition du mercredi 28 mars 2007

Mots clés : espérance de vie, OMS, Jeunesse, Obésité, États-Unis (pays), Canada (Pays)

La génération XXlarge mourra plus tôt que la précédente en raison, notamment, de son alimentation.

Photo: Agence France-Presse

L'Organisation mondiale de la santé répète sur toutes les tribunes que le surpoids des jeunes risque de les conduire tout droit à la catastrophe. Hier, le Comité sénatorial permanent de la Santé est venu renforcer ce sentiment en faisant la démonstration que cette génération, qui porte le titre peu enviable de génération XXlarge, vivra en effet moins longtemps que celle qui les a mis au monde -- à moins d'un sérieux coup de barre, commençant par le bannissement complet des gras trans, a estimé le comité canadien.

Le recul est historique, lit-on dans ce rapport qui a été déposé hier à la Chambre des communes après neuf mois de consultations. L'espérance de vie augmente de génération en génération depuis près de 200 ans, mais les spécialistes calculent que la génération XXlarge mourra plus tôt que la précédente. En effet, le tissu adipeux est une glande qui a des répercussions directes sur le métabolisme. Résultat: la cellule adipeuse moderne ayant perdu ses repères, cela ouvre la porte à des maladies telles que le diabète de type 2, l'hypertension et les troubles cardiaques, qui guettent même les plus jeunes et hypothèquent leur avenir.

Intitulé Des enfants en santé: Une question de poids, le rapport montre que l'obésité a presque triplé chez les enfants canadiens, un fait que les parents ont encore beaucoup de mal à admettre, souligne le conservateur Rob Merrifield qui préside ce comité. Aujourd'hui, un enfant sur quatre présente un problème de surpoids, un taux qui grimpe à 41 % chez les jeunes autochtones qui vivent en dehors des réserves et à 55 % chez ceux qui vivent dans les réserves. Le phénomène serait devenu si important que le comité a choisi de parler d'une «épidémie».

Implication des parents

Rob Merrifield a déploré hier le manque d'implication des parents dans la lutte contre les kilos en trop. «Nous tuons nos enfants avec notre gentillesse.» Selon lui, il est temps que le public se réveille. Pour ce faire, le comité propose que le fédéral lance une vaste campagne de sensibilisation du public en mettant à profit l'influence positive des Jeux olympiques pour freiner la hausse de l'obésité chez les enfants d'ici les Jeux de 2010 de Vancouver, tout en faisant la promotion d'une saine alimentation.

Le comité estime également que l'industrie alimentaire doit faire son mea culpa et s'adapter à la réalité qui est celle d'un nombre grandissant de Canadiens de tous les âges. Ses membres recommandent donc l'instauration d'un système obligatoire et uniformisé d'étiquetage des emballages d'aliments pré-emballés permettant d'en identifier facilement les aliments nutritifs. Ils suggèrent aussi de remettre au goût du jour la proposition d'éliminer les gras trans de l'alimentation et de les remplacer par des produits à faible teneur en gras saturés.

Selon M. Merrifield, le fédéral a le devoir de s'immiscer dans ce dossier qui relève aussi de la compétence provinciale. «Les membres du Comité sont très impressionnés par l'éventail de mesures prometteuses déjà prises dans tout le pays. Nous pensons toutefois qu'il n'y a pas une intervention, à quelque niveau que ce soit, qui puisse à elle seule produire les changements nécessaires. C'est pourquoi il faut mener une action concertée et simultanée sur plusieurs fronts.»

Cette incursion a cependant créé un froid au sein du Comité, forçant les députés bloquistes Christiane Chagnon et Luc Malo à présenter une opinion dissidente. «Je reconnais que l'épidémie d'obésité est grave. J'endosse parfaitement l'analyse qu'en fait le comité, mais je ne peux pas faire de même pour ses recommandations qui débordent dans le champ des provinces», a expliqué Mme Gagnon.

Les députés bloquistes réclament donc que les initiatives proposées soient assorties d'un droit de retrait avec pleine compensation pour le Québec qui dispose déjà d'un plan d'action solide doté d'objectifs ciblés autour d'axes d'intervention prioritaires et chiffrés. Dans leur avis, les deux dissidents renvoient le Comité à ses devoirs en l'invitant à se pencher plus sérieusement sur les besoins des jeunes autochtones, une clientèle dont la responsabilité lui revient d'office.

Sans s'immiscer dans ces querelles politiques, la Fondation des maladies du coeur du Canada (FMCC) a chaudement applaudi les recommandations du rapport hier en insistant pour que le gouvernement les mette en branle le plus tôt possible. «Nous pensons que nous avons encore le temps de renverser le phénomène puisque c'est arrivé très rapidement. Mais il faut mettre des mesures en place dès maintenant parce que les familles ont besoin de plus de soutien», a dit la porte-parole de la fondation, Lise Dubois, également spécialiste dans le domaine de l'obésité infantile.


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Le mercredi 28 mars 2007 10:00

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