Automobile - L'UAW ouvre son congrès sur fond de crise

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AFP
Édition du mercredi 28 mars 2007

Mots clés : Ford, GM, United Auto Workers, Congrès, Automobile, États-Unis (pays)

Si le syndicat automobile parvient à ne rien lâcher des acquis de l'actuelle convention collective, il s'agira déjà d'une victoire

Le président de l'UAW, Ron Gettelfinger, prononce son allocution lors de l'ouverture du congrès du syndicat.

Photo: Agence Reuters

Detroit -- Le syndicat automobile United Auto Workers (UAW), l'un des plus puissants aux États-Unis, doit définir l'étendue des concessions à consentir à des constructeurs en crise lors de sa convention quadriennale qui s'est ouverte hier.

Les 1500 délégués à la convention voteront une résolution établissant les objectifs généraux de négociation pour les quatre prochaines années. Mais contrairement à ce qui était le cas auparavant, la résolution adoptée cette année, qui appelle à des salaires et avantages sociaux plus élevés, pourrait avoir peu d'impact sur les négociations.

Restructuration

Aujourd'hui, le secteur est en crise. GM, Ford et DaimlerChrysler, lancés dans de vastes plans de restructuration, ont tous prévenu qu'ils voulaient parvenir à des changements importants dans les généreux plans de couverture maladie consentis lors des années fastes de l'automobile américaine.

Les constructeurs se plaignent que, malgré les concessions déjà obtenues, leurs employés continuent de payer 10 % ou moins de leurs coûts d'assurance maladie, alors que la moyenne des travailleurs en paie près de 30 %.

Si le syndicat parvient à ne rien lâcher sur les niveaux des salaires et les acquis sociaux de l'actuelle convention collective, signée en 2003, beaucoup de ses membres estimeront qu'il s'agira déjà d'une victoire.

Sean McAlinden, un analyste auprès du cabinet Center for Automotive Research, estime ainsi que la hausse des prestations de retraite, qui était la marque des conventions de l'UAW, est probablement de l'histoire ancienne.

Le syndicat pourrait aussi avoir à subir de rudes épreuves sur les questions des allocations versées aux actifs inoccupés ou du salaire des nouveaux embauchés.

C'est que la concurrence internationale, la progression du nombre de non-syndiqués et les problèmes financiers des constructeurs américains ont fait beaucoup de tort à l'UAW.

Son président, Ron Gettelfinger, a reconnu que l'influence du syndicat avait diminué du fait de la croissance de la production dans des usines où les syndicats sont absents et qui sont exploitées par Toyota, Honda ou par d'autres constructeurs asiatiques. Ces sites comptent maintenant pour 30 % de la production réalisée aux États-Unis.

«Il n'y a aucun doute sur le fait que notre taille ou notre implantation dans une industrie ou dans un lieu de travail en particulier ont un lien direct avec notre puissance et notre force. Il y a 20 ans, nous représentions 95 % de l'industrie automobile aux États-Unis. Cela donnait à l'UAW un pouvoir énorme pour négocier de bons contrats», a affirmé M. Gettelfinger récemment, lors d'une conversation avec ses adhérents sur Internet.

Les leaders syndicaux pourraient aussi avoir affaire avec des dissidents, comme ceux des «soldats de la solidarité» qui ont juré de manifester devant le centre des congrès de Detroit, où se tient la convention, pour réclamer aux responsables syndicaux qu'ils résistent aux concessions.

«Les dirigeants de Delphi [un équipementier automobile en faillite] continuent à ramasser des bonus de plusieurs millions de dollars pour leur fraude et leur incompétence. GM reconnaît qu'il ne peut tenir des livres de compte ordonnés mais veut que ses travailleurs soient plus compétitifs. Ford distribue les bonus pour récompenser les concessions obtenues de l'UAW. Et Chrysler veut prendre le train en marche et est poussé à dissimuler douze trimestres consécutifs de bénéfices», s'insurge ainsi le site Internet futureoftheunion.


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